Accord FMI-Sénégal : Ousmane Sonko exige la transparence totale sur les clauses du mémorandum

Le président de l'Assemblée nationale a rompu le silence, mardi 1er septembre 2026, pour exiger du gouvernement la publication ou la transmission aux députés du mémorandum d'accord avec le FMI. Il dénonce un "langage diplomatique" qui ne permet pas aux citoyens de connaître la portée réelle des engagements du Sénégal.
C’est une sortie qui intervient le jour même de l’annonce d’un accord technique historique entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a réagi en demandant une « transparence absolue » sur les clauses exactes de ce programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois .
Un accord technique et des zones d'ombre
Le mardi 1er septembre, le gouvernement sénégalais et les services du FMI ont annoncé être parvenus à un accord au niveau technique, ouvrant la voie à un programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) d'environ 2,2 milliards de dollars pour la période 2026-2029 . Cet accord, qui vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, reste toutefois soumis à l'approbation du Conseil d'administration du FMI .
C’est précisément sur l’opacité des annonces que le président de l’Assemblée nationale a mis l’accent. Dans une déclaration publique, Ousmane Sonko a estimé que le « langage diplomatique » employé dans les communiqués officiels ne donne aucune information sur le détail du projet d'accord ni sur les engagements précis du Sénégal . Il s'interroge notamment sur plusieurs points cruciaux :
Le traitement de la dette : Il demande des clarifications sur les engagements pris concernant l’allègement ou la restructuration de la dette publique .
Les réformes des finances publiques : Il souhaite connaître le calendrier de rétablissement des finances publiques, les mesures de mobilisation des recettes intérieures et de rationalisation des dépenses .
La protection sociale : Il s’interroge sur les mesures destinées à protéger les ménages les plus vulnérables .
Le sort des audits de la dette : Il a spécifiquement demandé : « Quid des audits internationaux de la dette qui étaient exigés ? » .
Une exigence fondée sur son expérience des négociations
Ousmane Sonko a justifié sa demande en se prévalant de sa connaissance du dossier. Il affirme avoir participé pendant plusieurs mois aux discussions avec le FMI et déclare connaître certaines orientations qui, selon lui, « ne reproduisent que les erreurs du passé » . Il estime que les citoyens, qui « en supporteront seuls le poids actuel et futur », ont le droit de connaître le contenu exact du mémorandum de politiques économiques et financières qui formalise les engagements des deux parties .
Publication ou transmission à l'Assemblée nationale
Pour garantir l'information des citoyens et le respect des prérogatives de la représentation nationale, le président du Parlement a formulé deux demandes précises au gouvernement :
Publier le mémorandum pour permettre un débat démocratique ouvert.
À défaut, le transmettre à l'Assemblée nationale afin que les députés puissent en prendre connaissance.
Sonko a également averti que les grandes orientations de cet accord devront de toute façon être intégrées dans la future loi de finances, qu'elle soit rectificative ou dans le projet de loi de finances pour 2027, attendu à l'hémicycle en octobre 2026. Il a conclu : « Et le débat aura lieu ! » .




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