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Affaire des influenceuses : le parquet requiert 2 ans de prison dont 1 an ferme contre Rox la Chancelière

15 sept.
3 min de lecture

Le ministère public a demandé, lundi 14 septembre 2026, une peine de deux ans de prison dont un an ferme à l'encontre de Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière. Fait notable : le parquet a requis sa relaxe pour la diffusion d'images, mais sa condamnation pour menaces de mort. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré, le verdict étant fixé au vendredi 18 septembre.

C'est un procès très attendu qui s'est tenu, hier lundi, devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Pendant près de six heures, la juridiction a examiné trois procédures jointes impliquant quatre influenceuses sénégalaises de renom : Rokhaya Fall (Rox la Chancelière), Khadidiatou Kébé (Jessica), Nafissatou Fall (Narou Karma) et Ramatoulaye Diaw (Ramz Yago).

Au cœur des débats : une guerre ouverte née sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, après un différend survenu au sein d'un groupe WhatsApp. Ce qui n'était au départ qu'une banale dispute entre influenceuses a dégénéré en une affaire judiciaire aux multiples ramifications, avec des plaintes croisées, des vidéos intimes diffusées et des menaces proférées publiquement.

Deux réquisitions distinctes pour Rox

À l'issue des débats, le ministère public a formulé, à l'encontre de Rox la Chancelière, deux demandes distinctes qui traduisent la complexité du dossier :

  • Diffusion d'images : le parquet a requis sa relaxe concernant la divulgation d'images contraires aux bonnes mœurs ;

  • Menaces de mort : il a en revanche demandé sa condamnation pour les faits de menaces de mort.

Au total, le procureur a requis à son encontre deux ans de prison, dont un an ferme.

Cette dissociation dans les réquisitions n'est pas anodine. Elle suggère que, du point de vue du parquet, la matérialité de la diffusion d'images n'a pas été suffisamment établie à l'encontre de Rox, alors que les menaces de mort, elles, ont été jugées constituées.

À la barre, Rox reconnaît une partie des faits

Interrogée longuement par le tribunal, Rokhaya Fall, née en 1986, a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés, notamment les injures publiques et les menaces. Elle a expliqué animer des lives sur TikTok depuis son installation en Europe en 2011 et a admis utiliser un compte secondaire pour consulter les contenus de personnes qui l'avaient bloquée.

Très émue lors de son interrogatoire, elle est revenue sur son différend avec Jessica, évoquant des propos qui auraient été tenus à l'encontre de ses parents décédés le même jour, à quelques heures d'intervalle. Elle a affirmé que ces événements l'avaient poussée à « se révolter ».

Concernant Ramz Yago, Rox a reconnu lui avoir envoyé une image en mode « vue unique », tout en contestant toute diffusion publique de la vidéo.

La défense plaide la nullité de la procédure

Les avocats de Rox la Chancelière ont contesté la sévérité des demandes du parquet. Ils ont notamment soulevé la prescription de certains faits, contesté la qualification d'association de malfaiteurs retenue contre leurs clientes, et plaidé la nullité de la procédure.

Selon la défense, plusieurs des faits reprochés à Rox remonteraient à plus d'un an, ce qui les rendrait prescrits au regard des délais légaux applicables aux infractions visées.

Les autres prévenues également visées

Le parquet n'a pas épargné les trois autres influenceuses poursuivies dans cette affaire :

Prévenue

Réquisitions du parquet

Jessica (Khadidiatou Kébé)

2 ans de prison, dont 6 mois ferme

Narou Karma (Nafissatou Fall)

2 ans de prison, dont 3 mois ferme

Ramz Yago (Ramatoulaye Diaw)

2 ans de prison, dont 3 mois ferme

Jessica a pour sa part reconnu avoir diffusé une vidéo intime concernant une certaine Anita (Saly Manga), affirmant l'avoir fait pour se défendre d'accusations de relation avec Alex Thiam.

Des chefs d'accusation multiples

Les quatre prévenues sont poursuivies pour des infractions graves et variées : association de malfaiteurs, injures publiques, diffusion d'images contraires aux bonnes mœurs, injures envers un agent de l'autorité, menaces de mort, atteinte à la vie privée et insulte à caractère racial.

Verdict attendu le 18 septembre

Le tribunal a mis l'affaire en délibéré. Le verdict sera rendu le vendredi 18 septembre 2026.

En attendant, Rox la Chancelière, qui se trouvait déjà en détention depuis le 3 septembre, reste incarcérée. Cette affaire, qui a tenu en haleine la toile sénégalaise pendant plusieurs semaines, constitue un rappel des limites de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux et de la responsabilité pénale qui pèse sur les créateurs de contenus.


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