Affaire « Kocc Barma » : l’exploitation de l’iPhone 16 relance l’enquête et élargit le réseau des suspects
Le dossier judiciaire autour d’El Hadji Babacar Dioum, alias « Kocc Barma », connaît un nouveau chapitre. Placé sous mandat de dépôt depuis juillet 2025 pour des faits de cybercriminalité et d’extorsion financière,

le présumé cerveau d’un vaste réseau de diffusion de contenus intimes a été extrait de sa cellule le 19 août dernier, sur délégation du Doyen des juges, afin de permettre aux enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) de procéder à une perquisition numérique inédite.
Une extraction judiciaire pour une exploitation minutieuse
Conduit dans les locaux de la DSC, le détenu a assisté à l’exploitation de son téléphone portable, un iPhone 16, dont les enquêteurs avaient préalablement obtenu le code de déverrouillage. Cette opération, menée dans le cadre d’une délégation judiciaire, visait à extraire et à analyser l’intégralité des données stockées dans l’appareil. Une fois les prélèvements effectués, El Hadji Babacar Dioum a été reconduit en prison, tandis que les investigations se poursuivaient autour des éléments découverts.
Des sextapes et un carnet d’adresses précieux pour la justice
L’analyse du smartphone a livré plusieurs enseignements. Tout d’abord, les enquêteurs y ont retrouvé un nombre important de vidéos à caractère sexuel, concernant des personnes aux profils variés. Ces contenus viennent s’ajouter à ceux déjà saisis sur l’ordinateur du mis en cause lors de son interpellation en juillet 2025. Mais l’élément le plus significatif réside dans les données de messagerie : l’exploitation de WhatsApp a permis d’isoler les numéros de plusieurs correspondants en relation directe avec « Kocc Barma ». Certains d’entre eux lui transmettaient des vidéos destinées à alimenter des opérations de chantage et de « destruction » ciblée.
Un réseau de complicité qui s’étoffe
Ces nouvelles pistes ont permis d’identifier plusieurs complices présumés. Outre El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », déjà écroué dans le cadre de cette affaire, deux autres personnes présentées comme des « correspondants » ont été inculpées. Elles sont soupçonnées d’avoir transmis des contenus compromettants au principal mis en cause, participant ainsi à l’alimentation du système. Les infractions retenues contre l’ensemble des protagonistes sont lourdes : association de malfaiteurs, collecte et diffusion illicites de données à caractère personnel, atteinte à l’intimité de la vie privée, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, pédopornographie, pédophilie et extorsion de fonds.
Des investigations transfrontalières et financières
L’enquête ne se limite pas aux seuls échanges numériques. Sur instruction du magistrat instructeur, la DSC a également été chargée de procéder à des réquisitions auprès des opérateurs téléphoniques, du tribunal de commerce et des services de la police des frontières. L’objectif est double : identifier toutes les personnes inscrites au nom d’El Hadji Babacar Dioum et de ses proches, et retracer ses éventuels déplacements hors du territoire entre 2017 et 2025, dans le cadre d’un réseau qui pourrait avoir une dimension transfrontalière.
Une traque de sept ans qui porte ses fruits
Pour rappel, l’individu derrière le pseudonyme de « Kocc Barma » – emprunté à un philosophe sénégalais du XVIIe siècle – était activement recherché par les services de la Division des investigations criminelles (DIC) depuis près de sept ans. Son interpellation, le 17 juillet 2025, avait mis un coup d’arrêt aux activités de plusieurs plateformes pornographiques en ligne – « Seneporno », « Babiporno » et « Boydakar » – qui diffusaient des contenus intimes sans le consentement des victimes, sur fond d’extorsion de fonds. L’exploitation de l’iPhone 16, en apportant de nouvelles preuves et en identifiant de nouveaux protagonistes, pourrait bien permettre à la justice de démanteler plus largement encore les ramifications de ce réseau criminel.
Les investigations se poursuivent, et de nouvelles interpellations ne sont pas à exclure dans les prochains jours. Une chose est sûre : l’affaire « Kocc Barma », déjà très médiatisée, n’a pas fini de révéler tous ses secrets.




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