top of page

DPG sous haute tension : Ahmadou Al Aminou Lô affronte une Assemblée hostile sur la vie chère et le FMI

8 sept.
2 min de lecture

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô présente ce mardi, à partir de 10 heures, sa Déclaration de politique générale (DPG) devant l'Assemblée nationale. Un exercice périlleux pour le chef du gouvernement, qui s'avance dans un hémicycle acquis à la majorité parlementaire d'Ousmane Sonko, et dont le discour

s est très attendu sur des dossiers brûlants : la vie chère, les délestages à répétition et l'accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).

Cette séance solennelle intervient après plusieurs rebondissements procéduraux. Initialement prévue le 1er septembre, la DPG avait été reportée en raison d'un désaccord entre l'Exécutif et l'Assemblée nationale sur le respect des délais réglementaires. La convocation définitive des députés, datée du 3 septembre, a finalement été signée par le président de l'Assemblée, Ousmane Sonko. Un seul point figure à l'ordre du jour : la présentation de la feuille de route du gouvernement.

Un climat politique tendu et une Assemblée jugée hostile

L'atmosphère est à la confrontation. Le Premier ministre Lô, nommé le 25 mai 2026 en remplacement d'Ousmane Sonko, doit faire face à une Assemblée nationale décrite comme « majoritairement hostile ». Les députés du parti Pastef, largement majoritaires, disposeront d'un temps de parole conséquent – 188,5 minutes au total – pour interpeller le chef du gouvernement.

La menace d'une motion de censure plane. En mai, une députée de Pastef avait déjà posé une ligne rouge, promettant de renverser tout gouvernement qui ne serait pas conduit par Ousmane Sonko. Si aucune procédure de ce type n'a encore été engagée contre le gouvernement Lô, cette DPG est considérée comme le « premier test grandeur nature » de sa capacité à résister à une Assemblée hostile.

Vie chère, délestages et accord FMI : les dossiers chauds

Le Premier ministre est attendu sur des sujets qui mobilisent l'opinion publique. La vie chère, qui a déjà donné lieu à une manifestation le week-end précédent à Dakar, et les délestages électriques récurrents figurent parmi les dossiers les plus sensibles. Le chef du gouvernement devra également défendre l'équilibre entre les engagements du projet « Sénégal 2050 » et le programme conclu avec le FMI.

Cet accord, d'un montant de 1 243 milliards de francs CFA (environ 2,2 milliards de dollars), est au cœur d'une polémique sur la restructuration de la dette. Le gouvernement préfère parler de « plan de traitement de la dette », mais la manière dont le Premier ministre présentera ce dossier sera scrutée de près. Une condition a été posée par les députés : le maintien des acquis sur ce dossier est une condition explicite pour éviter la censure.

Les contours de la feuille de route

La DPG n'est pas conçue comme un exercice de bilan, mais comme un document d'orientation et de programmation. Le discours du Premier ministre devrait s'inscrire dans les quatre axes du référentiel « Sénégal 2050 ». Au-delà des dossiers économiques et sociaux, les députés attendent des précisions sur l'emploi des jeunes, l'agriculture, l'énergie, le capital humain et la bonne gouvernance.

L'exercice est également un test institutionnel. Conformément à la Constitution, le débat peut être suivi, à l'initiative du chef du gouvernement, d'un vote de confiance. À l'issue des quatre heures de débat prévues, le sort du gouvernement Lô pourrait bien se jouer.

Commentaires


bottom of page