Hôpital de la Paix de Ziguinchor : l’intersyndicale déclenche une grève générale les 3 et 4 septembre

Les personnels de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor, réunis au sein de l’intersyndicale (SAMES, SNTS et SUTSAS), observent une grève générale les jeudi 3 et vendredi 4 septembre 2026. Ce mouvement constitue le premier temps fort d’un deuxième plan d’action décidé face à l’absence de "réponses suffisamment concrètes" des autorités sanitaires.
Des conditions de travail jugées critiques
Les travailleurs dénoncent une dégradation alarmante de l’établissement, affectant directement la qualité des soins. Leurs revendications portent sur plusieurs axes majeurs :
Équipements défaillants : le scanner est en panne depuis plus de six mois, la radio numérique télécommandée et la radio panoramique dentaire sont hors service, et l’unique IRM destinée à toute la Casamance, attendue depuis plus de trois ans, n’est toujours pas opérationnelle.
Ruptures de réactifs : les analyses biologiques les plus élémentaires sont compromises par des ruptures répétées d’intrants.
Infrastructures dégradées : l’intersyndicale réclame la réhabilitation de la toiture, des voiries internes et du réseau de canalisation, dont l’état est jugé "irréversible" sans travaux urgents.
Gestion des déchets biomédicaux : l’installation d’un incinérateur est exigée pour une gestion digne des déchets issus des soins.
S’ajoutent à ces problèmes des retards de paiement d’indemnités, de primes et de cotisations sociales auprès de l’IPRES et de la CSS. Le coordonnateur de l’intersyndicale, le Dr Ousmane Diba, résume le sentiment général : "Un hôpital ne peut pas vivre de promesses".
Une médiation jugée infructueuse
Les syndicalistes ont rencontré la direction sur convocation de l’inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, mais les discussions n’ont pas permis d’aboutir à des solutions concrètes. Les travailleurs estiment que la direction n’a formulé que des "engagements conditionnels".
Un calendrier de mobilisation étendu en septembre
La grève des 3 et 4 septembre n’est que le début d’un mois de septembre marqué par une série d’actions. L’intersyndicale a programmé des journées de grève les 8, 9, 14, 15, 23 et 24 septembre, entrecoupées d’évaluations et ponctuées par un sit-in le 30 septembre. Les syndicats assurent que les services d’urgence et le service minimum seront préservés.
Un contexte de tensions financières
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de difficultés budgétaires chroniques. Déjà en février 2026, l’intersyndicale des hôpitaux de Ziguinchor avait alerté sur des retards de subventions et des dettes accumulées estimées à plus de 100 millions de francs CFA par structure. Les travailleurs réclament aujourd’hui une subvention d’investissement adaptée, une subvention spéciale pour apurer la dette de l’établissement et une gouvernance plus transparente incluant l’élection des délégués du personnel et la nomination d’un auditeur interne.
L’intersyndicale prévient qu’en l’absence de satisfaction, un troisième plan d’action pourrait être adopté. Le message est clair : "La santé n’est pas une promesse".


Commentaires