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Inondations : le Sénégal en état d'urgence humanitaire

8 oct.
3 min de lecture


Des pluies diluviennes les 3 et 4 octobre, avec des cumuls dépassant 100 mm en 24 heures par endroits, ont plongé le pays dans une crise majeure. Dakar et sa périphérie sont les plus touchés, mais Matam, Thiès, Kaolack et Saint-Louis sont également frappés. Le gouvernement a activé le Plan d'urgence.

Le Sénégal fait face à une crise humanitaire majeure. Les précipitations exceptionnelles des 3 et 4 octobre ont provoqué de graves inondations dans plusieurs régions du pays, touchant particulièrement la capitale et ses environs. Selon les données de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (ANACIM), Rufisque et Ranérou ont enregistré jusqu'à 142 mm de pluie en 24 heures, tandis que Yoff a relevé 138 mm.

Zones sinistrées et bilan humain

Dakar et sa périphérie — Pikine, Rufisque, Guédiawaye, Keur Massar — sont les plus touchés. Plusieurs quartiers de la capitale ont été submergés, notamment Parcelles-Assainies, Grand-Yoff, Hann Bel-Air et Yoff. En dehors de Dakar, Matam, Thiès, Kaolack et Saint-Louis ont également enregistré de fortes précipitations et subi d'importants dégâts.

Le bilan humain est lourd. Selon le ministère de l'Intérieur, les premières estimations font état de morts et de blessés à Dakar et à Matam. Dans le quartier de Parcelles-Assainies, à l'unité 7, une femme de 25 ans et son fils de 4 ans ont perdu la vie après l'effondrement des murs de leur habitation, sur fond de montée des eaux. À Gouré Serigne, dans le département de Matam, l'effondrement d'un abri lors des fortes pluies a fait un mort et deux blessés. À Kaolack, l'effondrement d'un bâtiment abritant une école coranique a également causé des victimes, dont le nombre reste à préciser. Selon les médias, le nombre de décès s'élèverait à au moins cinq, un chiffre que les autorités disent encore susceptible d'évoluer.

Infrastructures endommagées et circulation paralysée

Les fortes pluies ont causé d'importants dégâts aux infrastructures. Outre les effondrements mentionnés, plusieurs axes routiers majeurs de Dakar ont été submergés, perturbant gravement la circulation, certains tronçons étant totalement impraticables. Dans des quartiers comme Yoff, le système de drainage, débordé, a contraint les habitants à nettoyer eux-mêmes les caniveaux. « À chaque forte pluie, les caniveaux ont du mal à évacuer l'eau vers le canal voisin », témoigne un résident. L'approvisionnement en eau et en électricité risque également d'être perturbé dans certaines zones, une situation que le gouvernement dit surveiller de près.

Alerte météo et réponse d'urgence

L'ANACIM a émis une alerte rouge, avertissant d'une nouvelle activité pluvio-orageuse prévue du 7 au 12 octobre. Des orages modérés à forts sont attendus dans le sud et le centre du pays (Kolda, Sédhiou, Ziguinchor, Kaolack), ainsi qu'à Dakar, Thiès et Diourbel. L'agence appelle également les acteurs maritimes à la prudence, des conditions dangereuses étant possibles sur le littoral du 10 au 12 octobre.

Face à cette situation critique, le Premier ministre Amadou Aliou Aminou Lo a convoqué une réunion de crise le 5 octobre et annoncé l'activation du Plan d'urgence régional. Les mesures gouvernementales comprennent : la mise en place d'un comité de suivi pour surveiller l'évolution de la situation, le déploiement d'opérations de curage pour rétablir la circulation, et l'identification des zones sensibles (autoroutes, abords de l'hôpital Philippe Maguilen Senghor, bassins de rétention) devant faire l'objet d'une attention particulière. Sur le plan de l'assistance sociale, le ministère de la Famille et de la Solidarité a reçu instruction de distribuer eau potable et denrées alimentaires aux sinistrés, tandis que le ministère des Finances est appelé à garantir « à tout moment » les moyens financiers nécessaires aux interventions d'urgence.

La Première dame, Marie Khone Faye, a également annoncé le déploiement d'une dizaine de camions pour appuyer les opérations de drainage dans les zones sensibles de Dakar, et s'est rendue auprès des populations sinistrées à Yoff et Thiaroye.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé un programme national de lutte contre les inondations d'un montant de 921 milliards de francs CFA, présenté comme une réponse structurelle à la répétition des catastrophes. Le Premier ministre indique que cette stratégie concilie réponse d'urgence et renforcement des capacités de prévention à long terme.


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