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Inondations à l'hôpital Philippe Maguilen Senghor de Yoff : patients évacués et bureaux submergés

16 sept.
3 min de lecture

Les fortes pluies qui se sont abattues sur Dakar ce mardi 15 septembre 2026 ont provoqué d'importantes perturbations dans plusieurs quartiers de la capitale. L'hôpital Philippe Maguilen Senghor de Yoff n'a pas été épargné. Les eaux de pluie ont envahi plusieurs espaces de l'établissement, contraignant les équipes à évacuer des patients et à lancer un appel à l'aide pour un pompage rapide.

Des bureaux submergés, les eaux atteignent le niveau des tables

Selon les témoignages recueillis sur place, le bureau du médecin-chef a été particulièrement touché. « Les eaux ont envahi tout le bureau. Les chaises ont été mises sur les tables », décrit un responsable de l'établissement, montrant l'état des lieux. Le secrétariat général ainsi que plusieurs autres bureaux de l'hôpital ont également été envahis. Les eaux ont atteint le niveau des tables, rendant les espaces difficilement praticables.

La situation était tout aussi préoccupante dans les couloirs de l'établissement. « Les bureaux sont submergés par les eaux. Le couloir qui accueillait les patients est rempli d'eau. Ce qui a conduit à l'évacuation des patients », poursuit le responsable. Les patients ont dû être déplacés vers d'autres espaces de l'hôpital pour assurer la continuité des soins.

Une panne de la pompe d'évacuation aggrave la situation

La situation a été aggravée par une panne de la pompe destinée à évacuer les eaux. Celle-ci ne pouvait pas être utilisée au moment des faits, ce qui a ralenti les opérations de pompage. Face à cette situation, le responsable de l'hôpital a lancé un appel à l'aide afin de permettre l'évacuation rapide des eaux et de rétablir des conditions normales de fonctionnement au sein de l'établissement.

Selon Blaise Faye, directeur chargé de l'exploitation et de la maintenance de l'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS), un incident électrique a endommagé une partie du dispositif d'évacuation des eaux pluviales. « Nous avons subi un incident électrique qui nous a coûté des équipements que nous avons perdus, notamment un groupe électrogène, deux électropompes et un coffre électrique qui ont pris feu », a-t-il déclaré. Les pertes sont estimées à 70 millions de francs CFA.

Une situation qui s'est améliorée en fin de journée

Grâce à l'intervention conjointe de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers et des équipes de l'ONAS, la situation a toutefois évolué favorablement au cours de la journée. Aux alentours de 15 heures, les eaux avaient été évacuées. « Après l'arrêt de la pluie, nous avons actionné les vannes et les eaux ont pu être évacuées de manière gravitaire », a précisé Blaise Faye. En fin de journée, le milieu était asséché et l'ONAS préparait le renouvellement des équipements détériorés.

Un site vulnérable par sa configuration

La configuration du centre de santé explique en partie sa vulnérabilité lors des épisodes pluvieux. L'établissement est situé en contrebas de l'autoroute et sur une voie d'eau correspondant à une zone naturelle de convergence des eaux pluviales. Selon Blaise Faye, les ouvrages environnants, dont le pont, orientent une partie des eaux vers l'hôpital. Ces dernières années, plusieurs travaux ont néanmoins été réalisés afin de permettre au centre de santé de maintenir ses activités lors des épisodes de fortes pluies.

Un problème plus large à l'échelle de la capitale

Cet incident s'inscrit dans un problème plus large de gestion des eaux pluviales à Dakar. Sur 95 points stratégiques inspectés entre octobre et novembre 2025 — canaux, stations de pompage et zones inondables —, 95 % des ouvrages de drainage du réseau routier nécessitaient une intervention urgente ou prioritaire. Ces infrastructures ne permettent pas une évacuation correcte des eaux pluviales, ce qui accroît la pression sur les équipements de pompage lors des épisodes de fortes pluies.

Des réactions politiques

L'opposant Thierno Alassane Sall s'est exprimé sur la situation de l'hôpital Philippe Maguilen Senghor, dénonçant une « honte nationale ». Il a notamment pointé du doigt l'incapacité de l'établissement à faire face aux inondations, alors que des patients et des soignants ont été « obligés de fuir l'hôpital ».


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