Sénégal : Le général Kandé et Samba Ndiaye font leur retour aux affaires
La presse sénégalaise fait ses gros titres sur deux nominations présidentielles qui marquent le retour de personnalités présentées comme des « bannis » de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, illustrant les recompositions en cours au sommet de l'État.

Dakar – Deux décrets présidentiels, signés ces derniers jours par le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye, ont remis sur le devant de la scène politique et sécuritaire sénégalaise deux hommes dont les parcours avaient été brusquement interrompus ces dernières années.
Le général Souleymane Kandé reprend les rênes du renseignement extérieur
Le général de brigade Souleymane Kandé a été nommé directeur général du Renseignement extérieur (DGRE) par décret présidentiel. Cette structure, rattachée à la Présidence de la République et placée sous l'autorité du directeur du Renseignement national, occupe une position stratégique dans le dispositif sécuritaire sénégalais.
Le parcours du général Kandé est marqué par des responsabilités opérationnelles de premier plan. Ancien chef d'état-major de l'Armée de terre, il a notamment commandé la Zone militaire n°5 à Ziguinchor, une région particulièrement sensible en raison du contexte sécuritaire en Casamance. En mai 2024, il avait été nommé attaché de Défense et de Sécurité près l'ambassade du Sénégal en Inde, une affectation qu'il n'avait rejointe qu'en mars 2025, après un changement de fonctions qui avait suscité de nombreuses réactions dans l'espace public.
Sa nomination à la tête de la DGRE est présentée comme un retour aux responsabilités stratégiques pour cet officier dont le parcours est fortement marqué par les opérations. Selon les informations de FDS TV, d'autres officiers auraient également été promus à des postes stratégiques dans le cadre de ce mouvement.
Samba Ndiaye rétabli à la tête de la SN-HLM
Sur le front des entreprises publiques, Samba Ndiaye a été rétabli dans ses fonctions de président du Conseil d'administration (PCA) de la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN-HLM). Sa nomination fait suite au décret n°2026-1647, signé le 18 septembre 2026 par le président de la République.
Ingénieur en génie civil, Samba Ndiaye avait été initialement nommé à ce poste le 23 octobre 2024, sans toutefois pouvoir prendre ses fonctions. Cette première désignation avait suscité une vive contestation au sein de la formation politique Pastef/Les Patriotes, dont des militants et responsables avaient lancé une pétition pour exiger l'annulation de l'acte.
À l'époque, Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait évoqué des « mesures correctives » envisagées par le chef de l'État. Interrogé sur ce dossier, il avait déclaré : « Il y a eu beaucoup de bruits sur un cas qui s'est passé ici. Nous l'avons réglé à notre manière ».
Après l'officialisation de son rétablissement, Samba Ndiaye a défendu la régularité de sa nomination face aux critiques : « Tous les décrets ont été signés par le chef de l'État, ceux les limogeant et celui me nommant ». Il a précisé que les orientations présidentielles visaient à accompagner la Direction générale de la SN-HLM afin de « démocratiser l'accès aux logements sociaux, dans la paix et la concorde ».
Un contexte de recomposition politique
Ces deux nominations interviennent dans un contexte de profonde recomposition du paysage politique sénégalais. Depuis la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, une vaste vague de limogeages a touché les responsables identifiés à Pastef au sein de l'administration.
Selon la revue de presse de l'APS, les journaux sénégalais décrivent cette séquence comme une « purge de Pastef au profit de Kiiraay », le nouveau parti du président Faye. Le quotidien Libération estime que le chef de l'État intensifie la « dépastéfisation » et consolide Kiiraay, tandis que Les Échos soulignent que « presque tous les DG et PCA » se réclamant de Pastef ou de Sonko ont été limogés.
Dans ce contexte, le retour du général Kandé et de Samba Ndiaye est analysé par plusieurs quotidiens comme le « retour aux affaires de deux bannis de Sonko », consacrant ainsi la redistribution des cartes au sommet de l'appareil d'État sénégalais.



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