Tensions au Niger : tirs nourris à Niamey, télévision nationale coupée

La nuit du vendredi 28 au samedi 29 août 2026 a été marquée par des échanges de tirs nourris dans plusieurs quartiers de Niamey, la capitale nigérienne . Les accès à des zones stratégiques, dont la présidence et le siège de la télévision nationale, ont été bloqués par des militaires . Le signal de Télé Sahel a été coupé, un écran noir remplaçant les programmes en milieu de matinée .
Des tirs aux abords de la base 101 et dans le centre-ville
Les premiers coups de feu ont été entendus vers 1h du matin, heure locale, autour de la base militaire 101, attenante à l'aéroport international Diori-Hamani . Des « tirs nourris et des détonations » se sont poursuivis jusqu'à l'aube, selon des riverains et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux . La zone du palais présidentiel et le centre-ville ont également été le théâtre de tirs .
Le régime militaire, qui dirige le Niger depuis le putsch de juillet 2023, a appelé au calme dans un message publié sur ses pages officielles : « Face aux évènements en cours, gardons notre calme et évitons de relayer des informations non vérifiées. Nos forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour la défense de la patrie » . Aucune autre communication officielle n'a été émise dans l'immédiat.
Une attaque djihadiste probable
L'origine des tirs restait inconnue samedi matin, mais plusieurs éléments orientent les soupçons vers une attaque djihadiste. L'aéroport de Niamey a déjà été visé à deux reprises cette année : en janvier par le groupe État islamique, puis en juin par le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), la branche sahélienne d'Al-Qaïda . Lors de l'attaque de juin, onze soldats et deux civils avaient été tués .
Un membre du Conseil consultatif de la refondation du Niger, Bana Wagana Ibrahim, a affirmé sur Facebook que la base 101 avait été prise pour cible et que les forces de sécurité en avaient repris le contrôle, évoquant une « attaque lâche » . La base 101, située dans le complexe aéroportuaire, abrite notamment le quartier général des partenaires russes d'Africa Corps ainsi que l'état-major de la force unifiée de l'Alliance des États du Sahel (AES) .
Un contexte régional tendu
Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte sécuritaire déjà très dégradé au Sahel. Le Niger, comme ses voisins du Burkina Faso et du Mali, tous gouvernés par des juntes réunies au sein de l'AES, fait face depuis le milieu des années 2010 à des attaques djihadistes récurrentes . Les groupes armés irréguliers, notamment le JNIM et l'État islamique, intensifient leurs opérations et étendent leur influence, pénétrant de plus en plus les espaces urbains . L'attaque de janvier contre l'aéroport de Niamey avait d'ailleurs été qualifiée par le général Tiani d'« objectif de détruire toutes les capacités aériennes » de l'armée .
La junte de Niamey accuse régulièrement la France, son ancien partenaire-clé dans la lutte anti-jihadiste, de financer les groupes terroristes pour déstabiliser le pays, des accusations que Paris dément fermement .




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