Accord Sénégal-FMI : Le Pastef exige une « transparence absolue » sur le plan de traitement de la dette
Dernière mise à jour : 5 sept.

Suite à l'annonce d'un accord technique entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) portant sur un prêt de 2,2 milliards de dollars, le parti Pastef-Les Patriotes, au pouvoir, a exprimé une exigence ferme : la « transparence absolue » sur le plan de traitement de la dette négocié avec l'institution financière internationale.
La formation politique dirigée par Ousmane Sonko, également président de l'Assemblée nationale, estime que les déclarations officielles restent insuffisantes pour éclairer les Sénégalais sur la portée des engagements pris par l'État. « Le langage diplomatique tenu de part et d'autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d'accord, ni sur les engagements du Sénégal, tels qu'ils ressortent du communiqué du FMI », a déclaré le leader de Pastef.
Les contours d'une exigence de clarté
Au-delà du montant du prêt, qui doit encore être soumis à l'approbation du Conseil d'administration du FMI, le parti pose plusieurs questions fondamentales sur les contreparties exigées par le Fonds. Il souhaite notamment connaître les modalités précises du traitement de la dette, les principales réformes envisagées en matière de finances publiques, mais aussi les mesures de protection des ménages vulnérables.
Le député Ayib Daffé, porte-parole du parti, a résumé l'enjeu en ces termes : « Les Sénégalais ne doivent pas payer deux fois, subir les conséquences d'une dette et être demain les premiers à supporter par les taxes la baisse des subventions ou la compression des dépenses sociales le coût de sa restructuration ».
Publication du mémorandum ou débat parlementaire
Pour répondre à ces interrogations, Ousmane Sonko formule une double demande : la publication du mémorandum de politiques économiques et financières qui formalise les engagements du Sénégal ou, à défaut, sa transmission à l'Assemblée nationale afin que les représentants du peuple puissent en prendre connaissance.
« J'en appelle à la transparence absolue », a insisté le président de l'Assemblée nationale, qui affirme avoir participé aux discussions et connaître certaines orientations qui, selon lui, « ne reproduisent que les erreurs du passé ».
Une question de confiance sur la gestion des finances publiques
Cette prise de position intervient dans un contexte où le Sénégal, confronté à un surendettement, cherche à restaurer ses équilibres financiers. Le ministre de l'Économie et des Finances, Cheikh Diba, a évoqué un meilleur ciblage des subventions et un plan de traitement de la dette, mais sans fournir de détails.
Au sein de la société civile, des voix s'élèvent également pour réclamer des explications sur les mesures qui pourraient pénaliser les Sénégalais dans les prochains mois. Le think tank Legs Africa appelle à la création d'un dispositif de redevabilité citoyenne et de contrôle parlementaire appuyé par la Cour des comptes.
Ousmane Sonko a conclu en avertissant que les grandes orientations des engagements pris avec le FMI finiront nécessairement par figurer dans les prochains textes budgétaires, « et le débat aura lieu ! », a-t-il promis.



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