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Affaire ASER : une fin de semaine sous tension entre offensives politiques et blocages judiciaires

7 sept.
3 min de lecture

La première semaine de septembre 2026 aura été marquée par une intensification des hostilités autour du dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Entre les attaques du Collectif Sunu 37 milliards contre l’homme d’affaires espagnol José Gonzalez Tausz,

les déclarations chocs du député Thierno Alassane Sall et les investigations judiciaires qui se poursuivent, le feuilleton des 37 milliards de francs CFA n’a jamais été aussi brûlant.

Vendredi 4 septembre : le Collectif Sunu 37 milliards dénonce le « mépris » de la justice sénégalaise

La première salve est venue du Collectif Sunu 37 milliards. Dans un communiqué publié ce vendredi, l’organisation a vivement fustigé l’attitude de José Gonzalez Tausz, le patron d’AEE Power, qui a annoncé qu’il ne répondrait plus aux convocations de la justice sénégalaise. Selon le Collectif, cette décision, prise avec son avocat Me Patrick Kabou, traduit une « défiance manifeste » et un « mépris » envers les institutions judiciaires du pays. L’organisation a dénoncé l’incohérence de cette posture, rappelant que Gonzalez Tausz avait lui-même saisi les tribunaux sénégalais à plusieurs reprises dans le passé pour défendre ses intérêts. Face à ce qu’elle qualifie de tentative de « détournement du processus judiciaire », le Collectif a exhorté le Pool judiciaire et financier (PJF) à faire respecter la souveraineté de la justice nationale, n’excluant pas l’émission d’un mandat d’arrêt international contre l’homme d’affaires.

Samedi 5 septembre : Thierno Alassane Sall hausse le ton et dénonce un « crime économique et social »

La journée du samedi a été dominée par les déclarations du député Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs. Celui-ci a indiqué avoir eu, la veille, une séance d’échanges avec le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, autour de plusieurs sujets d’actualité, notamment l’état de la démocratie et des libertés au Sénégal, ainsi que l’affaire ASER. Le dossier de l’ASER s’est rapidement invité au cœur des discussions. Le député a qualifié ce scandale de « symptôme d’une gestion opaque » et a employé des mots particulièrement durs : « Détourner des fonds publics destinés à sortir des centaines de milliers de nos compatriotes de l’obscurité est un crime économique, social et moral ». Au-delà de ces accusations, Thierno Alassane Sall a estimé qu’une « volonté politique manifeste » chercherait à circonscrire l’affaire. Il a appelé à une mobilisation plus large de la société autour de la transparence et de la reddition des comptes, jugeant que l’ampleur du dossier justifiait une réponse à la hauteur des enjeux financiers et sociaux. Le contrat d’électrification rurale entre l’ASER et AEE Power atteindrait 91 milliards de FCFA, dont 37 milliards auraient déjà été décaissés.

Dimanche 6 septembre : le député persiste et réclame davantage de transparence

Le lendemain, Thierno Alassane Sall a de nouveau interpellé les autorités sur le dossier. Dans une nouvelle prise de position relayée par la presse, il a réitéré son exigence de transparence et de reddition des comptes, insistant sur l’enjeu social du dossier. Il a dénoncé une nouvelle fois une « gestion opaque » et a appelé à ce que la lumière soit faite sur l’ensemble des aspects de l’affaire, sans circonscrire les investigations à certains acteurs seulement.

Lundi 7 septembre : le feuilleton se poursuit, entre silence des autorités et attentes citoyennes

Si la journée du lundi n’a pas été marquée par de nouvelles déclarations majeures, les tensions restent vives. L’information judiciaire ouverte par le Pool judiciaire et financier (PJF) suit son cours, tandis que le Collectif Sunu 37 milliards réaffirme sa détermination à poursuivre son combat pour clarifier la gestion de ces deniers publics. Le refus de José Gonzalez Tausz de comparaître devant la justice sénégalaise continue de susciter l’indignation, et la possibilité d’un mandat d’arrêt international reste sur la table. Aucune réaction officielle des autorités n’est parvenue à apaiser les esprits, laissant planer un sentiment d’impuissance chez les acteurs de la société civile et les citoyens qui suivent de près ce dossier.

Entre offensives politiques et blocages judiciaires, un dossier qui s’enlise

Cette fin de semaine du 4 au 7 septembre aura été particulièrement mouvementée pour l’affaire ASER. Entre l’offensive du Collectif Sunu 37 milliards contre l’homme d’affaires espagnol, les déclarations chocs de Thierno Alassane Sall et le silence des autorités, le dossier semble s’enliser dans une guerre de positions. Les prochains jours pourraient être marqués par de nouveaux développements, alors que la pression ne cesse de monter sur tous les acteurs du dossier. Les Sénégalais, eux, attendent des réponses claires sur la gestion des fonds publics destinés à l’électrification rurale, un enjeu vital pour des centaines de milliers de compatriotes encore privés d’électricité.



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