Affaire des TikTokteuses : Rox, Jessica, Narou et Ramz Yago lourdement condamnées

Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a rendu son délibéré, ce vendredi 18 septembre 2026, dans l’affaire très médiatisée opposant plusieurs figures des réseaux sociaux sénégalais au ministère public. Rokhaya Fall, alias « Rox la Chancelière », Khadidiatou Kébé, dite « Jessica », Nafissatou Fall, alias « Narou Karma », et Ramatoulaye Diaw, alias « Ramz Yago », ont toutes été reconnues coupables et condamnées à des peines de prison ferme.
Des peines de prison ferme et des amendes
À l’issue des débats, Rox et Jessica ont écopé chacune de 2 ans de prison, dont 6 mois ferme, assortis d’une amende de 100 000 FCFA. Narou a été condamnée à 2 ans de prison, dont 3 mois ferme, et à la même amende. Ramz Yago, qui était activement recherchée avant de comparaître, a été condamnée à 2 ans de prison, dont 1 mois ferme, et à une amende de 50 000 FCFA.
Sur le plan civil, Rox a été condamnée à verser 2 millions de FCFA de dommages et intérêts à Adji Mass Gueye. Le tribunal a ordonné l’exécution provisoire et fixé la contrainte par corps au maximum.
Rejet des exceptions et requalification des faits
Les juges ont d’emblée rejeté l’exception de nullité soulevée par la défense de Rox, ainsi que l’exception de prescription. Ils ont également constaté l’extinction de l’action publique pour les accusations d’injures informatiques, suite au retrait des plaintes de certaines parties civiles.
Le tribunal a par ailleurs requalifié les faits de « distribution d’images obscènes » en « discours contraire aux bonnes mœurs », chef pour lequel Rox, Jessica et Ramz Yago ont été reconnues coupables.
Relaxes partielles et chefs de culpabilité retenus
Rox a été relaxée des chefs de diffusion de données à caractère personnel et d’atteinte à l’intimité de la vie privée au préjudice de Ramz Yago, ainsi que d’atteinte à la vie privée par montage à l’encontre d’Ibrahima Sarr et Lamine Kébé. Elle a en revanche été déclarée coupable d’association de malfaiteurs, d’injures informatiques contre Adji Mass Gaye et de menaces de mort à l’égard de Jessica.
Jessica a, pour sa part, été relaxée des délits d’injures publiques envers Saly Manga (Anita) et d’atteinte à l’intimité de la vie privée d’Anita.
Un conflit né sur les réseaux sociaux
Cette affaire trouve son origine dans un conflit entre les trois TikTokteuses, qui avait débuté autour d’un différend dans un groupe WhatsApp avant de déborder sur les réseaux sociaux, à coups de « lives », d’injures et d’accusations publiques. Plusieurs griefs avaient été évoqués dans les plaintes, notamment des menaces de mort, des injures, de la diffamation et la diffusion présumée de données personnelles.
Rox, quadragénaire et aide-soignante de profession, s’était notamment illustrée par des lives nocturnes consacrés à la vie privée de personnalités, rassemblant près d’un million d’abonnés sur TikTok.
Un nouveau rebondissement en cours
Parallèlement à ce procès, une nouvelle plainte a été déposée contre Rox pour diffusion présumée d’une vidéo intime. Extraite de prison le 7 septembre par la Division spéciale de cybersécurité, elle a été replacée en garde à vue dans le cadre de cette procédure distincte. Selon les éléments rapportés, Rox aurait reconnu les faits, expliquant avoir agi en réaction à des insultes dont elle se disait victime.
L’enquête se poursuit pour faire la lumière sur les circonstances exactes de cette diffusion et sur les responsabilités éventuelles.
Une décision qui fait jurisprudence
Ce verdict marque un tournant dans la régulation des dérives des réseaux sociaux au Sénégal. Il envoie un signal fort : les propos haineux, les menaces et les atteintes à la vie privée, même commis en ligne, sont passibles de lourdes sanctions pénales. L’affaire illustre également la complexité des conflits entre influenceurs, où les frontières entre vie privée et espace public deviennent de plus en plus floues.




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