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And Gueusseum maintient sa grève totale de 48 heures et durcit le bras de fer avec le gouvernement

18 sept.
3 min de lecture

L’Alliance des syndicats autonomes de la santé et de l’action sociale (ASAS/And Gueusseum) poursuit son 15ᵉ plan d’action, entamé jeudi 17 septembre 2026 par une grève totale de 48 heures qui se poursuit ce vendredi 18 septembre sur toute l’étendue du territoire national.

Fait inédit dans l’histoire du mouvement, ce débrayage se déroule sans prise en charge des urgences ni service minimum, une radicalisation que le syndicat assume pleinement face à ce qu’il qualifie d’« impasse » dans le traitement de ses revendications.

Une escalade sans précédent

Le 15ᵉ plan d’action, rendu public le 5 septembre 2026 par le Directoire national d’And Gueusseum, prévoyait déjà cette grève totale de deux jours. Mais la mesure la plus marquante reste l’abandon du service minimum et de la prise en charge des urgences, une première dans l’histoire du syndicat. Ce choix stratégique vise à exercer une pression maximale sur le gouvernement, accusé de « manœuvres dilatoires » et de refus d’engager un dialogue sérieux sur les points d’accord non encore exécutés.

Des revendications toujours en attente

Les motifs de cette mobilisation sont multiples. And Gueusseum réclame notamment des revalorisations salariales, l’amélioration des conditions de travail, le paiement des indemnités de logement et le respect des accords signés avec l’État. Le syndicat dénonce également la posture du ministre de la Santé, accusé de fuir la table des négociations, d’orchestrer des ponctions salariales et d’user de manœuvres de « désyndicalisation » au lieu d’apurer le passif social de son département.

Rétention des données et boycott du programme tuberculose

Au-delà de la grève, l’Alliance maintient deux mesures de pression qui pèsent lourdement sur le système sanitaire. D’une part, la rétention des données sanitaires et sociales, effective depuis le 10 août 2026 et maintenue jusqu’à nouvel ordre. D’autre part, le boycott du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNT), qui se traduit par la suspension complète des activités de supervision, de coordination et des interventions extramuros liées à ce programme. Ces actions privent les autorités d’indicateurs essentiels pour piloter la politique de santé publique.

Mobilisation et évaluation à venir

Pour maintenir la mobilisation, des assemblées générales sont organisées dans les différentes structures sanitaires, suivies de points de presse régionaux destinés à informer les travailleurs et l’opinion publique sur l’évolution de la situation. Une évaluation du 15ᵉ plan d’action est programmée pour le samedi 19 septembre 2026, afin de mesurer le niveau de suivi et les résultats obtenus.

« Seule la lutte libère »

Mandioba Seck, secrétaire général du Syndicat des travailleurs des collectivités locales et vice-président de l’Alliance, appelle les militants à rester « mobilisés, unis, déterminés et disciplinés » jusqu’à la satisfaction pleine et entière des revendications. « Seule la lutte libère », a-t-il rappelé, insistant sur la détermination du collectif.

Un système de santé sous tension

Conscient des répercussions directes sur les usagers, le directoire d’And Gueusseum a tenu à clarifier sa position : les travailleurs en grève, appelés à rester à leur domicile, ne sont nullement tenus d’assurer les garde-fous habituels ou les services minimums. « Il incombe exclusivement à l’État, en sa qualité de garant ultime du droit à la santé et de la continuité du service public hospitalier, d’assurer à tout moment et en tout lieu la disponibilité de soins de qualité au bénéfice des populations », rappelle le syndicat.

Avec ce 15ᵉ plan d’action, And Gueusseum affiche clairement sa volonté de maintenir la pression et de poursuivre le bras de fer. La balle est désormais dans le camp du gouvernement pour éviter une rupture totale du service public de soins.


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