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Annulation d'une manifestation de PASTEF à Ndiaganiao : le sous-préfet de Fissel revient sur son autorisation

29 août
2 min de lecture

C'est un revirement administratif qui suscite l'étonnement. Le sous-préfet de l'arrondissement de Fissel, Mouhamed Malick Ngom, a annulé l'autorisation qu'il avait lui-même accordée au parti PASTEF pour organiser une journée de lancement de la vente de cartes de membres. La manifestation était prévue le samedi 5 septembre 2026 à la place publique de Ndiaganiao .

Une autorisation retirée en moins de 24 heures

Le 27 août 2026, par l'arrêté n° 86/AF/SP/as, le sous-préfet avait donné son feu vert à trois organisateurs locaux du parti au pouvoir – Ndiouma Sène, Cheikh Tine et Omar Diouf – pour tenir cet événement à partir de 11 heures, sous réserve d'une coordination avec la gendarmerie de Ndiaganiao . Mais dès le lendemain, un second arrêté, le n° 87/AF/SP/as, est venu annuler la première décision .

Deux motifs officiels invoqués

Pour justifier cette interdiction, l'autorité administrative avance deux raisons principales : une « menace de troubles à l'ordre public » ainsi qu'une « insuffisance des forces de l'ordre disponibles pour l'encadrement » de l'événement . L'exécution de cette mesure a été confiée au commandant de la Brigade de proximité de gendarmerie de Ndiaganiao .

Un fief présidentiel sous tension

Ce revirement intervient dans un contexte particulier. Ndiaganiao est le village natal du président Bassirou Diomaye Faye, qui y a grandi et y a voté lors de la présidentielle de 2024 . La localité est étroitement associée au chef de l'État, ce qui donne à cette annulation une dimension politique sensible. Le dossier avait pourtant été instruit : la demande des organisateurs avait été déposée le 10 août et avait fait l'objet d'une enquête, matérialisée par un rapport du 19 août . Ce changement d'appréciation en seulement 24 heures alimente ainsi les interrogations .

La réaction mesurée mais ferme de PASTEF

Le parti d'Ousmane Sonko a réagi avec une certaine mesure. Par un communiqué de son Bureau politique national (BPN), PASTEF « prend acte » de l'arrêté d'interdiction, tout en dénonçant « avec la plus grande fermeté ce revirement spectaculaire » . Le parti rejette les motifs invoqués et accuse une partie de l'administration territoriale de « renoncer à sa neutralité républicaine pour entraver l'animation et la vie politique des partis » . PASTEF appelle ses militants à la sérénité et à ne pas céder aux provocations, tout en annonçant son intention d'user « de toutes les voies de droit pour faire respecter les libertés publiques » . Le parti interpelle également le ministre de l'Intérieur, considéré comme le garant de la neutralité politique de l'administration .

Cette annulation pourrait ainsi donner lieu à une bataille juridique, alors que le débat sur l'organisation des activités politiques continue de s'intensifier au Sénégal .


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