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Dakar : le drame d'Awa Thiam, morte noyée avec son fils — le récit bouleversant d'une amie

7 oct.
3 min de lecture

Les fortes pluies qui se sont abattues sur le Sénégal le week-end dernier ont fait au moins cinq morts. Parmi les victimes, Awa Thiam, une jeune mère de 25 ans, et son fils âgé de 4 ans, ont péri noyés dans leur sommeil.

Le mur de leur habitation, située à l'unité 7 de Parcelles Assainies, à Dakar, s'est effondré sous la pression des eaux, qui ont envahi la maison.

Le dernier déjeuner et les derniers mots

Quelques heures avant le drame, Awa se trouvait encore chez sa meilleure amie, Ndèye Thioro Badji. Les deux femmes, amies depuis 2019, étaient liées comme des sœurs. Ce jour-là, Thioro avait préparé le déjeuner pour Awa. Voyant le ciel s'assombrir et la pluie menacer, Awa s'est levée précipitamment pour rentrer avec son fils :

« La pluie menace de tomber, attends que je me dépêche d'y aller. Regarde Mbaye. »

Ces quelques mots resteront les derniers échangés entre les deux amies.

« Où est Awa ? Où est Mbaye ? »

Peu après le départ d'Awa, Thioro s'apprêtait à rentrer chez elle, à Keur Massar. N'ayant pas trouvé de taxi à deux reprises, elle décida de rebrousser chemin. C'est alors qu'une voisine lui apprit que tout le quartier était inondé. Arrivée sur les lieux, Thioro entendit des cris :

« Où est Awa ? Awa ! Awa ! »

Elle demanda aussitôt : « Qu'est-il arrivé à mon Awa ? Où est Mbaye ? » Lorsqu'on lui répondit qu'il s'agissait de l'enfant d'Awa, elle s'écria : « L'enfant est dans l'eau ! »

Les jeunes du quartier se sont alors mobilisés spontanément pour organiser les recherches dans une eau montant jusqu'à la taille. Les corps d'Awa et de Mbaye ont été retrouvés l'un après l'autre.

Le désespoir du mari

Selon le communiqué de police, vers 18 h 45, le commissariat de Parcelles Assainies a été alerté : les fortes pluies avaient provoqué l'effondrement d'un mur, faisant deux morts. Les forces de l'ordre, arrivées sur place, ont découvert les corps de la mère et de son enfant sur la terrasse de la maison.

Lorsque Saliou, le mari d'Awa, est arrivé sur les lieux, Thioro l'a accompagné. Elle rapporte ses mots :

« Je sais que ma femme et mon enfant sont morts. »

Thioro est restée aux côtés de la famille jusqu'au transfert des corps à l'hôpital Dalal Jamm, avant d'héberger les proches chez elle pour la nuit.

Une femme regrettée par tout un quartier

L'oncle du mari a pris la parole au nom de la famille, décrivant Awa comme une « épouse modèle », qui « ne faisait que du bien et ne disait que du bien », une femme « extrêmement généreuse, entièrement dévouée aux autres ». Il a également confié que la cuisine d'Awa était « un pur bonheur ».

Thioro, de son côté, se remémore une amitié fusionnelle : « Quand je n'avais pas d'employée, elle venait m'aider à laver la vaisselle, à faire tout ce qu'il fallait. Nous étions si proches que nous en sommes presque devenues des parentes. »

Quarante ans de problèmes de drainage

Après le drame, les jeunes du quartier ont vivement dénoncé un problème de drainage qui persiste depuis près de quarante ans, critiquant l'inaction de la municipalité et la lenteur des secours. L'eau était si profonde que l'ambulance n'a pas pu accéder aux lieux, et le premier corps a dû être évacué à bord d'un véhicule de police.

Ce drame survenu à Parcelles Assainies n'est pas seulement une douleur irréparable pour la famille d'Awa : il remet une nouvelle fois en lumière les carences chroniques du système d'assainissement de Dakar.


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