Dette extérieure : première réunion avec les créanciers

Le Sénégal a franchi une étape décisive dans le traitement de sa dette extérieure. Mardi 6 octobre, l’ensemble des créanciers du pays s’est réuni virtuellement pour la première fois sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI), avec un niveau d’endettement public dépassant 130 % du PIB. Un nouveau rendez-vous est prévu en novembre.
Cette réunion d’information et de dialogue, qui n’a donné lieu à aucun engagement financier immédiat, visait d’abord à identifier l’ensemble des créanciers du Sénégal et à leur présenter la situation économique et financière du pays . Convoquée officiellement par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, elle s’est tenue en mode virtuel à partir de 12h GMT .
Une première étape avant les négociations
Présentée comme une rencontre d’information, cette réunion a permis aux autorités sénégalaises de faire le point auprès des créanciers extérieurs sur le programme de réformes économiques et la stratégie de traitement de la dette . Les services du FMI ont, de leur côté, présenté les grandes lignes de l’accord conclu au niveau des services avec Dakar concernant un nouveau programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) .
Représenté par Babacar Touré, directeur général des Financements et de la Dette, et le ministre du Budget Bassirou Sarr, le Sénégal a souligné son intention de poursuivre le traitement de sa dette conformément aux principes du Cadre commun du G20, en tirant les enseignements des expériences précédentes, notamment celles de la Zambie et du Tchad .
Un paysage de créanciers encore à clarifier
Si les créanciers bilatéraux sont connus — la Chine arrive en tête avec environ 8 % de la dette extérieure sénégalaise, devant la France, l’Inde, le Koweït, l’Allemagne et le Japon —, l’ampleur et la composition des engagements auprès des banques commerciales et des créanciers privés restent encore à préciser . Le Sénégal a d’ailleurs mandaté la société Sodali & Co pour identifier ses détenteurs d’obligations internationales .
Selon les données présentées lors des travaux, le stock de la dette extérieure s’élève à 18 300 milliards de francs CFA, dont 8 500 milliards dus aux banques de développement. La dette commerciale représente 5 440 milliards de francs CFA et la dette bilatérale 4 369 milliards .
Trois options sur la table
Trois pistes s’offrent à Dakar : demander l’allongement des délais de remboursement, obtenir une baisse des coupons (les intérêts versés aux détenteurs d’obligations), ou encore suspendre le remboursement . Pour l’heure, le Sénégal semble privilégier la première option : obtenir davantage de temps pour rembourser. Reste à savoir si cet allongement suffira à rendre la dette soutenable selon les critères du FMI .
Un calendrier accéléré
Face aux créanciers, le Sénégal a fixé novembre 2026 comme délai cible pour l’aboutissement des différents cadres du partenariat avec le FMI, ce qui devra se matérialiser par l’approbation du programme par le Conseil d’administration du Fonds . Une nouvelle réunion des créanciers se tiendra au cours de ce mois de novembre .
En décembre, l’État prévoit de signer des accords de principe avec les Comités des créanciers officiels (OCC) et le groupe ad hoc des détenteurs d’obligations. La mise en œuvre des accords interviendra ensuite, début 2027 .
Un accord FMI de 2,2 milliards de dollars
Cette dynamique s’inscrit dans le sillage de l’accord technique conclu le 1er septembre 2026 entre le Sénégal et le FMI, portant sur un programme de financement de 36 mois d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 243 milliards de francs CFA . Ce programme, qui couvre la période 2026-2029, reste soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI .
Le ministre de l’Économie Cheikh Diba a salué cet accord comme le point de départ d’« une nouvelle dynamique dans le cadre du redressement, la relance et le développement » . Les réformes prévues portent notamment sur le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration de la gestion de la dette et la consolidation des dispositifs de protection sociale .
Certains créanciers bilatéraux ont toutefois demandé un traitement sans favoritisme, appelant à ce que tous les partenaires soient traités sur un pied d’égalité dans le processus de restructuration .




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