Diomaye Faye défend la candidature de Macky Sall à l'ONU
En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais a réaffirmé son soutien à son prédécesseur pour le poste de secrétaire général, plaidant pour une meilleure représentation de l'Afrique au sein des instances onusiennes.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a accordé un entretien exclusif à RFI et France 24, jeudi 24 septembre 2026, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Interrogé sur les chances de l'ancien président Macky Sall de succéder à António Guterres, dont le mandat s'achève le 31 décembre 2026, le chef de l'État s'est montré confiant et déterminé.
« Nous sommes en train de discuter avec ceux qui votent, ceux qui prennent la décision, et j'estime, contrairement à ces prédictions, que les chances sont réelles », a déclaré le président Faye. Il a également souligné que « les jeux restent ouverts » et que la candidature de Macky Sall « conserve toutes ses chances ».
Un soutien justifié par la nécessité d'une Afrique mieux représentée
Au-delà du soutien personnel à son prédécesseur, le président Faye a inscrit sa position dans une perspective plus large : celle de la sous-représentation de l'Afrique au sein des instances dirigeantes de l'ONU. « Qui de mieux aujourd'hui pour défendre une meilleure place de l'Afrique que le président Macky Sall ? », a-t-il lancé.
Le chef de l'État a rappelé le parcours de Macky Sall, qui s'était illustré sur la scène internationale en plaidant pour une plus grande place du continent dans la gouvernance mondiale. Son passage à la présidence de l'Union africaine avait notamment coïncidé avec l'admission de l'organisation panafricaine au G20, une revendication qu'il avait longtemps portée.
Le président Faye a également mis en avant la question de la réforme de l'architecture financière internationale, un chantier qui mobilise de nombreux pays du Sud. « Qui de mieux pour défendre la réforme de l'architecture financière internationale que le président Macky Sall, qui a subi les affres de la dette qui l'ont plombée par rapport aux ambitions qu'il a eues et qu'il partage avec beaucoup de pays du Sud ? », a-t-il interrogé.
Un plaidoyer pour un multilatéralisme plus juste
Dans son intervention devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président sénégalais a appelé à une refonte des relations internationales, rejetant les clivages actuels. « Le monde n'a pas besoin de postures unilatéralistes. Il a besoin d'un multilatéralisme plus juste, plus inclusif et plus efficace », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour un leadership expérimenté à la tête de l'ONU, capable de « parler à tous, d'écouter et de bâtir des ponts entre les États membres ».
Des rencontres diplomatiques pour porter la candidature
Quelques heures avant son entretien avec les médias, le président Faye s'était entretenu à New York avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. La rencontre, à laquelle participait également Macky Sall, a porté sur les relations bilatérales, les questions de paix et de sécurité, ainsi que sur le processus électoral pour la succession d'António Guterres. Selon la présidence sénégalaise, cet échange s'inscrit dans le cadre de la campagne active menée par Dakar auprès des membres du Conseil de sécurité, dont la recommandation est indispensable pour accéder au secrétariat général.
Le président Faye s'était également entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron en marge de l'Assemblée générale. Les deux dirigeants ont passé en revue le partenariat entre le Sénégal et la France, ainsi que la question de l'élection du prochain secrétaire général des Nations unies. Le chef de l'État a aussi rencontré son homologue libérien, Joseph Nyuma Boakai.
Le rappel du soutien officiel du Sénégal
Le soutien du Sénégal à la candidature de Macky Sall avait été officiellement annoncé le 20 juillet 2026, trois jours après une rencontre à Dakar entre l'ancien président et son successeur. Dans un communiqué, le ministère de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur avait indiqué que le président Faye avait décidé d'apporter le soutien officiel du Sénégal à cette candidature, afin de mobiliser la diplomatie sénégalaise autour d'une candidature portée au nom du Sénégal et de l'Afrique sur la scène internationale.
Macky Sall, qui a exprimé sa gratitude au président Faye pour cette décision, figure parmi les six candidats officiellement enregistrés pour succéder à António Guterres. Sa candidature a été présentée par le Burundi le 2 mars 2026, agissant au nom de l'Union africaine. Le Conseil de sécurité a déjà tenu trois tours de consultations exploratoires, en juillet, août et septembre, sans parvenir à un consensus sur un candidat.
Un signal fort pour la diplomatie sénégalaise
En affichant publiquement son soutien à Macky Sall, le président Diomaye Faye envoie un signal clair : celui d'une diplomatie sénégalaise active et engagée pour une meilleure représentation de l'Afrique au sein des instances internationales. Cette position, qui transcende les clivages politiques internes, témoigne de la volonté du Sénégal de jouer un rôle de premier plan dans la refonte de la gouvernance mondiale. La décision finale dépendra de la position des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, avant la nomination par l'Assemblée générale. D'ici là, Dakar entend bien poursuivre ses efforts pour convaincre et mobiliser les soutiens autour de la candidature de son ancien président.




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