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Drame à Thiès : une étudiante arrêtée pour infanticide

5 sept.
3 min de lecture

Le quartier de Médina Fall, à Thiès-Nord, est sous le choc après la découverte macabre des corps de deux nouveau-nés dans la nuit du 4 au 5 août. Une étudiante âgée de 23 ans, identifiée par les initiales N.G., a été interpellée par les forces de l'ordre.

C'est sa propre mère, inquiète de la voir saigner abondamment, qui a donné l'alerte et permis de lever le voile sur ce drame familial.

Une découverte qui glace le sang

Selon les premières investigations, la jeune femme aurait accouché clandestinement dans les toilettes de la maison familiale. Dans un acte de désespoir dont les motivations restent à élucider, elle aurait ensuite placé les bébés, un garçon et une fille, dans un sac en plastique avant de les dissimuler dans un canari, une jarre en terre cuite traditionnellement utilisée pour conserver l'eau fraîche.

C'est en découvrant les traces de sang et en s'inquiétant de l'état de sa fille que la mère de la suspecte a fait une macabre découverte, alertant immédiatement les autorités. Les corps sans vie des nourrissons ont été retrouvés à l'intérieur de la jarre, plongeant toute la famille et le voisinage dans l'effroi.

Des versions contradictoires qui pourraient alourdir la qualification pénale

Entendue par les enquêteurs, la jeune mère a livré des versions successivement divergentes sur les circonstances du drame. Dans un premier temps, elle a affirmé que les enfants étaient mort-nés, tentant de minimiser sa responsabilité. Cependant, confrontée aux éléments de l'enquête, elle a fini par reconnaître que les nouveau-nés avaient pleuré après la naissance. Ce témoignage est d'une importance capitale car il pourrait modifier la qualification juridique des faits.

Si les enfants sont nés vivants, même brièvement, les faits pourraient être requalifiés en infanticide, un crime puni par la loi sénégalaise de la réclusion criminelle à perpétuité. Si au contraire les bébés étaient mort-nés, les charges pourraient être atténuées, bien que la dissimulation des corps constitue déjà une infraction pénale.

Une autopsie pour établir la vérité

Pour lever toutes les incertitudes et déterminer avec exactitude les causes du décès, le parquet de Thiès a ordonné une autopsie des deux corps. L'examen médico-légal devra notamment établir si les nouveau-nés ont respiré et vécu en dehors du ventre de leur mère, et si les décès sont imputables à des actes volontaires ou à une négligence fatale.

Dans l'attente des résultats de cette expertise, la suspecte, âgée de 23 ans, a été placée en garde à vue. Le parquet a d'ores et déjà annoncé son intention de procéder à son éventuelle présentation devant le procureur à l'issue de la garde à vue.

Une affaire qui ravive le débat sur les grossesses non désirées

Ce drame, qui a profondément ému la communauté de Thiès, relance le débat sur les grossesses non désirées chez les jeunes filles et les femmes au Sénégal. Malgré les lois en vigueur, les grossesses clandestines et les infanticides restent une réalité dans certaines couches de la société, souvent en raison d'un manque d'éducation sexuelle, de l'absence de structures d'accompagnement psychologique et de la peur de la stigmatisation sociale. Des associations de défense des droits des femmes appellent à renforcer les dispositifs d'aide et de soutien pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de ce double infanticide, tandis que toute la ville de Thiès reste sous le choc de cette tragédie familiale.

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