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Dépôt d’un préavis de grève à la RTS : un conflit social qui s’enracine

1 sept.
3 min de lecture

L’intersyndicale SYNPICS-SYNPAP de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) a déposé ce mardi 1er septembre 2026 un préavis de grève à la Direction générale du Travail, au Point E à Dakar. Une action qualifiée d’« inédite dans l’histoire de la RTS » par les syndicats eux-mêmes, qui dénoncent une situation sociale tendue depuis près de trois ans .

L’intersyndicale SYNPICS-SYNPAP de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) a déposé ce mardi 1er septembre 2026 un préavis de grève à la Direction générale du Travail, au Point E à Dakar. Une action qualifiée d’« inédite dans l’histoire de la RTS » par les syndicats eux-mêmes, qui dénoncent une situation sociale tendue depuis près de trois ans .

Un différend cristallisé autour de l’accord d’entreprise

Le cœur du conflit réside dans la suspension unilatérale de l’accord d’entreprise de la RTS, un texte fondateur qui régit les conditions de travail des agents du média public . L’intersyndicale reproche à la direction générale, dirigée par Pape Alé Niang, d’avoir mis fin à cet accord sans concertation, et dénonce parallèlement un « refus de dialogue » persistant .

Ce texte, signé en mars 2024 après de longues négociations, offrait des avantages significatifs à près de 800 agents. Sa suspension, justifiée par la direction par un défaut de couverture budgétaire garantie, a plongé de nombreux employés dans une situation financière précaire. Comme l’avait confié un agent en janvier 2026 : « Cet accord nous a permis de contracter des prêts bancaires. Aujourd’hui, les banques continuent les prélèvements alors que nos revenus ont fondu. Nous ne vivons plus, nous survivons. »

Un climat social délétère et des accusations multiples

La crise à la RTS ne se limite pas à la seule question de l’accord d’entreprise. Depuis plusieurs mois, les syndicats SYNPICS et SYNPAP, rejoints par l’Union Nationale des Syndicats Autonomes du Sénégal (UNSAS), dénoncent une gouvernance jugée « autoritaire » et « opaque » .

Parmi les griefs récurrents figurent des soupçons de népotisme et de conflits d’intérêts. L’attribution du marché des « fan zones » de la CAN 2025 à Thierno Niang, frère du Directeur général, ainsi que la nomination d’un proche du DG à la tête de la Direction de l’approvisionnement et de la logistique, sont régulièrement pointées du doigt .

Les syndicats dénoncent également une dégradation des acquis sociaux : suppression de l’avance Tabaski, non-paiement des indemnités des agents réquisitionnés lors des élections législatives, et absence d’investissements majeurs dans l’outil de production . En juillet 2026, le syndicat des journalistes avait d’ailleurs menacé de boycotter la couverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 si l’accord d’entreprise n’était pas rétabli .

Une escalade marquée par des procédures judiciaires

La tension est montée d’un cran en février et mars 2026 avec la convocation de plusieurs leaders syndicaux à la Brigade de recherches de Colobane puis à la Sûreté urbaine de Dakar, à la suite d’une plainte déposée par Thierno Niang . L’UNSAS a alors dénoncé une « tentative d’intimidation » et un « musellement » de la contestation, appelant l’État à arbitrer le conflit .

Les tentatives de médiation ont échoué. En février 2026, l’intersyndicale avait quitté la table des négociations, jugeant l’ordre du jour insuffisant pour traiter la suspension de l’accord d’entreprise .

Un préavis de grève comme ultime recours

Le dépôt de ce préavis de grève, ce 1er septembre 2026, constitue dès lors une nouvelle étape dans ce bras de fer. Les syndicats exigent le rétablissement immédiat de l’accord d’entreprise et l’ouverture d’un dialogue sincère. Un point de presse doit suivre pour annoncer un plan d’actions .

Ce conflit, qui dure depuis trois ans, met en lumière les difficultés de gouvernance d’un service public audiovisuel en quête de stabilité, dans un contexte où les tensions entre direction et représentants du personnel ne cessent de s’exacerber.


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