top of page

Désencombrement des voies publiques à Dakar : le ministre de l'Intérieur supervise une vaste opération nocturne

il y a 3 jours
3 min de lecture

Le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a supervisé, dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 septembre 2026, une importante opération de désencombrement des voies publiques dans plusieurs communes de Dakar et de sa banlieue. Objectif affiché : retirer les occupations irrégulières, les installations anarchiques et les épaves de véhicules qui obstruent l'espace public, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

Une tournée de supervision à travers la capitale

Accompagné de ses équipes, le ministre a entamé sa tournée par la commune de Dakar-Plateau, avant de se rendre à Guédiawaye, puis de terminer par Pikine, où un point d'étape a été fait en présence des maires des communes concernées . Les premières interventions ont notamment été menées à Rufisque Est, sur l'avenue Malick Sy et au Plateau, avec la mobilisation des mairies, de la SONAGED et de la Direction du Cadre de Vie .

« Dans une belle synergie, toutes les autorités se sont mobilisées, les autorités municipales, mais également l'État pour continuer d'attaquer ce problème, ce fléau que constituent les occupations anarchiques de l'espace public », a déclaré le ministre à l'issue de sa tournée .

Un « travail à la limite de Sisyphe »

Mouhamadou Makhtar Cissé a reconnu la difficulté de l'entreprise, qualifiant la lutte contre les occupations illégales de l'espace public de « travail à la limite de Sisyphe, un éternel recommencement » . « Ça doit cesser de l'être. Il faudrait qu'à un moment qu'on puisse trouver la parade, pour que quand des efforts aussi importants sont faits, pour désencombrer, qu'on puisse réinvestir de façon vertueuse l'espace public, l'occuper utilement pour les populations », a-t-il poursuivi .

Le ministre a également établi un lien direct entre le désordre urbain et l'insécurité, soulignant que les occupations anarchiques permettent à certaines personnes de « se dissimuler ou de circuler plus facilement ». Il a demandé au directeur de la sécurité publique d'organiser davantage de rondes de police pour empêcher la réinstallation des occupants en attendant les aménagements définitifs .

Un contexte de multiplication des opérations

Cette nouvelle intervention s'inscrit dans une série d'opérations de désencombrement menées depuis plusieurs mois dans la capitale. En juillet 2026, une vaste opération avait été conduite dans l'arrondissement des Almadies, aboutissant au déguerpissement de 236 taudis . En janvier de la même année, les autorités avaient ciblé l'avenue Cheikh Anta Diop et les axes desservis par le Bus Rapid Transit (BRT) .

Ces opérations répondent à une double exigence : assainir l'espace public pour améliorer le cadre de vie des populations et préparer Dakar à accueillir les JOJ, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026. Le Premier ministre Ousmane Sonko avait annoncé, début septembre, un plan de réorganisation de l'espace public et un accompagnement des marchands ambulants, reconnaissant la nécessité de concilier impératifs de sécurité et réalités socio-économiques .

Des défis persistants et des tensions sociales

Si les autorités saluent les résultats de ces opérations, elles peinent à en garantir la pérennité. Les commerçants déguerpis dénoncent régulièrement la perte de leur outil de travail et réclament des sites de recasement adaptés . Des géographes et urbanistes alertent sur le fait que le véritable enjeu se situe « dans la gestion de l'après-déguerpissement » , soulignant la nécessité de proposer des alternatives viables aux populations affectées.

La réussite de ces opérations dépendra donc de la capacité de l'État à conjuguer fermeté dans l'application de la loi et accompagnement social des personnes impactées. Un équilibre délicat, à quelques semaines d'un événement international qui mettra Dakar sous les projecteurs du monde entier.


Commentaires


bottom of page