International : Le Premier ministre appelle les étrangers à respecter les règles de séjour tout en rejetant toute stigmatisation
Lors de sa Déclaration de politique générale (DPG) prononcée mardi 8 septembre 2026 devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a consacré une partie de son intervention à la question des étrangers vivant au Sénégal.

Le chef du gouvernement a fermement condamné la montée des discours xénophobes tout en rappelant la nécessité pour les ressortissants étrangers de respecter scrupuleusement les règles de séjour en vigueur.
Un rejet catégorique de la xénophobie
« Je voudrais m'arrêter un instant sur un discours extrêmement dangereux qui commence à prospérer au pays de la Teranga : c'est la xénophobie. Il faut que ça cesse », a lancé le Premier ministre, invitant ses concitoyens à préserver l'image d'un pays historiquement marqué par l'ouverture et les échanges.
Pour appuyer son propos, Ahmadou Al Aminou Lô a rappelé la présence de Sénégalais aux quatre coins du monde, jusqu'en Alaska, pour souligner l'importance de la réciprocité dans les relations entre les peuples. « Nous ne pouvons pas être ce pays ouvert qui a des ressortissants partout ailleurs et laisser prospérer des discours xénophobes », a-t-il martelé.
Le chef du gouvernement a également puisé dans son histoire personnelle pour illustrer le métissage qui caractérise la nation sénégalaise. « Quand on m'a nommé Premier ministre, on a trouvé un village mauritanien où mes arrière-arrière-grands-parents étaient. C'est cela le Sénégal », a-t-il confié, ajoutant : « Nous sommes tous métissés. Nous avons tous des parents dans la sous-région. Donc, cessons cette stigmatisation qui ne nous grandit pas ».
Le respect des règles de séjour, une exigence légitime
Tout en condamnant fermement la stigmatisation des étrangers, le Premier ministre a toutefois établi une distinction entre le rejet de la xénophobie et la nécessité pour l'État de garantir le respect des règles relatives au séjour sur le territoire national. « Nous nous devons en retour de veiller au strict respect par les étrangers vivant parmi nous des règles de séjour », a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement a pointé des défaillances dans le dispositif de contrôle aux frontières, expliquant que les systèmes électroniques d'enregistrement ne sont pas encore opérationnels dans l'ensemble des postes-frontières. « Les gens rentrent au Sénégal, ils ne sont pas enregistrés. Vous ne pouvez pas savoir qui est resté ici plus de trois mois », a-t-il déploré, qualifiant cette question d'« urgence » à laquelle son gouvernement entend s'attaquer.
Un équilibre entre tradition d'hospitalité et contrôle
À travers cette déclaration, le Premier ministre défend une ligne reposant sur deux principes : lutter contre la xénophobie et la stigmatisation, tout en renforçant le contrôle et le respect des règles de séjour des étrangers au Sénégal. Il a également associé cette démarche à la promotion de la « marque pays » à l'approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, déclarant : « Oui, beaucoup de gens vont venir nous voir. Donnons-leur l'envie de revenir ici au Sénégal ».




Commentaires