Ousmane Sonko propose un "budget du culte" pour réinventer les relations entre l'État et les religions

En prélude aux célébrations du Mawlid, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, s'est rendu à Médina Baye (Kaolack) le samedi 23 août 2026 pour le ziarr de l'institution parlementaire. Dans un discours qui a marqué les esprits, il a formulé des propositions audacieuses visant à réformer en profondeur les rapports entre l'État sénégalais et les communautés religieuses .
Une institutionnalisation des relations État-religions
Au cœur de son intervention, Ousmane Sonko a plaidé pour une institutionnalisation des relations entre les pouvoirs publics et les confréries. Sa proposition phare est la création d'un « budget du culte » dédié à l'accompagnement financier des activités religieuses, au soutien des manifestations et à la modernisation des cités religieuses .
Le président de l'Assemblée nationale a également appelé à une évolution structurelle de l'administration en charge des affaires religieuses. Il propose de passer d'une simple Délégation aux affaires religieuses à un Secrétariat d'État ou un ministère de plein exercice, afin de donner davantage de moyens et de visibilité à ce secteur .
Fin de l'opacité et transparence dans les privilèges
Ousmane Sonko a vigoureusement dénoncé les pratiques actuelles qu'il juge opaques. Il souhaite que les privilèges et facilités accordés aux guides religieux, comme les passeports diplomatiques, soient attribués « de façon OFFICIELLE » en tant que droits acquis, et non plus comme des « strapontins discrétionnairement distribués sur des considérations politiciennes » .
Il a également appelé à « mettre fin au prétexte politicien » qui justifie l'opacité des fonds spéciaux par de supposés soutiens confidentiels aux chefs religieux, soulignant que ces derniers n'en voient souvent qu'une infime partie .
Reconnaissance des religions comme composante de la souveraineté
Au-delà des aspects budgétaires et administratifs, le discours de Sonko porte une dimension identitaire forte. Il estime que reconnaître nos religions et croyances comme une part importante de notre identité est une manifestation majeure de notre souveraineté . Cette déclaration s'inscrit dans une vision plus large où la spiritualité et la tradition religieuse sont considérées comme des piliers de la cohésion nationale.
Une initiative qui s'inscrit dans un contexte politique tendu
Cette prise de parole intervient alors que la vie politique sénégalaise est marquée par des tensions croissantes entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Écarté de la Primature en mai 2026, Sonko a rebondi à la présidence de l'Assemblée nationale, et les divergences entre les deux figures du Pastef s'affichent désormais au grand jour . Ses propositions sur les relations entre l'État et les religions, bien qu'ancrées dans une réflexion de fond sur la laïcité à la sénégalaise, sont également perçues comme une affirmation de son positionnement politique et de sa vision pour le pays .




Commentaires