Raffinage : la SAR et le géant turc Yamata signent un accord à New York pour une deuxième raffinerie au Sénégal
Le protocole d’accord, paraphé le 23 septembre à New York, prévoit la construction d’une raffinerie de 4 millions de tonnes par an dédiée au brut de Sangomar et la modernisation de la raffinerie de Mbao.

Un projet financé par Yamata et ses partenaires, sans garantie souveraine de l’État sénégalais.
Dakar – La Société africaine de raffinage (SAR) et le groupe turc Yamata ont signé, le 23 septembre à New York, un protocole d’accord portant sur la construction d’une deuxième raffinerie au Sénégal et sur la modernisation de la raffinerie de Mbao. L’accord, présenté comme majeur, pourrait transformer le paysage énergétique sénégalais et renforcer la position du pays comme hub de raffinage en Afrique de l’Ouest.
Une nouvelle raffinerie dédiée au brut de Sangomar
Le projet phare porte sur une unité d’une capacité de 4 millions de tonnes par an. Elle serait dédiée au traitement du brut de Sangomar, le gisement offshore dont l’exploitation a fait du Sénégal un pays producteur de pétrole. L’investissement est estimé entre 2 et 3 milliards de dollars américains.
Modernisation de Mbao
En parallèle, le protocole prévoit la modernisation de la raffinerie de Mbao, outil historique de la SAR. Le montant des travaux est évalué entre 300 et 500 millions de dollars. Cette mise à niveau doit permettre d’améliorer la performance industrielle et la qualité des produits.
Un financement sans garantie souveraine
Point notable : le financement serait intégralement pris en charge par Yamata et ses partenaires, sans garantie souveraine de l’État sénégalais. Ce montage limite l’exposition des finances publiques et transfère une part importante du risque aux investisseurs privés.
Plus de 15 000 emplois directs
La phase de chantier devrait générer plus de 15 000 emplois directs, selon les termes de l’accord. Un argument social de poids dans un pays où la question de l’emploi des jeunes reste centrale.
Objectif : couvrir la demande nationale et exporter vers l’Afrique de l’Ouest
Les promoteurs affichent une double ambition : couvrir l’intégralité de la demande nationale en produits raffinés et positionner le Sénégal comme fournisseur de carburants pour l’Afrique de l’Ouest. Le pays importe encore une grande partie de sa consommation en produits pétroliers raffinés, malgré la production de brut.
Un accord qui reste à concrétiser
Le protocole d’accord signé à New York constitue une étape importante, mais pas encore un contrat définitif. Les modalités techniques, le calendrier de réalisation et la localisation exacte de la nouvelle raffinerie devront être précisés dans les prochaines étapes. Si le projet se concrétise, il pourrait marquer un tournant dans la stratégie énergétique sénégalaise.




Commentaires