Social : les pêcheurs bloquent un dépôt pétrolier à Frontignan, la colère monte contre le carburant

Le mouvement de protestation contre la hausse des prix du carburant s'intensifie en France. Ce mercredi matin, une centaine de pêcheurs ont bloqué l'accès au dépôt pétrolier de Frontignan, dans l'Hérault, pour le troisième jour consécutif de mobilisation. Le mouvement, qui a débuté lundi sur la façade méditerranéenne à l'appel des comités régionaux des pêches d'Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d'Azur et de Corse, s'étend désormais à d'autres secteurs.
« Le but de la manœuvre, c'est de faire continuer le mouvement jusqu'à ce qu'on soit reçu par la ministre » de la Pêche, Catherine Chabaud, a déclaré un représentant des pêcheurs. Une rencontre avec la ministre est prévue ce jeudi. Les professionnels dénoncent une situation devenue intenable : « On ne peut plus travailler dans ces conditions, on n'est plus rentables », expliquent-ils, pointant « une dégradation continue de leurs conditions d'activité » liée à la hausse des coûts d'exploitation et à la « multiplication des contraintes administratives ».
La mobilisation des pêcheurs intervient dans un contexte de flambée des prix à la pompe. Le prix moyen du SP95-E10 atteint 2,15 €/L ce mercredi, avec des écarts allant jusqu'à 1,95 €/L dans les stations les moins chères. Dans les Alpes-Maritimes, le gazole atteint déjà 2,79 €/L dans certaines stations. Cette hausse des carburants pèse lourdement sur les secteurs économiques dépendants du transport et de la pêche, qui réclament des mesures d'urgence.
Le mouvement ne se limite pas au secteur de la pêche. Dans le secteur de l'énergie, environ 80 % des salariés de la centrale nucléaire de Gravelines étaient en grève mardi matin, et 38 000 salariés de l'électricité et du gaz ont participé à la mobilisation. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le 29 septembre.
Face à cette grogne sociale grandissante, l'exécutif tente de reprendre la main. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé le gel des dépenses budgétaires 2027, à l'exception des dépenses militaires, afin de dégager environ 2,5 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Mais pour les pêcheurs et les autres professions en colère, ces annonces ne suffisent pas. Ils attendent des actes concrets et une revalorisation de leurs conditions de travail.
La mobilisation des pêcheurs à Frontignan pourrait s'étendre à d'autres dépôts pétroliers dans les prochains jours si aucune réponse satisfaisante ne leur est apportée. Le rendez-vous de jeudi avec la ministre Catherine Chabaud sera déterminant pour l'issue du conflit.




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