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Succès de la levée de fonds sur le marché régional : le Trésor sénégalais mobilise 101,3 milliards FCFA sur le marché des titres publics de l'UMOA le 11 septembre, quelques jours après l'annonce du pl

14 sept.
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Le Trésor sénégalais a mobilisé 101,339 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) le vendredi 11 septembre 2026, à l'issue d'une émission simultanée de bons et d'obligations assimilables du Trésor.

Cette opération, la première depuis l'annonce du plan de traitement et de reprofilage de la dette publique, constitue un test grandeur nature de la confiance des investisseurs régionaux envers la signature sénégalaise.

Une opération portée par une forte demande

La Direction Générale des Financements et de la Dette (DGFD) avait mis en adjudication un montant de 100 milliards de FCFA. Les investisseurs ont répondu au-delà des attentes : les soumissions globales ont atteint 109,018 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 109,02 %. Au final, l'État a retenu 101,339 milliards de FCFA, tandis que 7,679 milliards de soumissions ont été rejetés, correspondant à un taux d'absorption de 92,96 %.

L'émission portait sur un bon assimilable du Trésor (BAT) à 364 jours ainsi que des obligations assimilables du Trésor (OAT) à trois et cinq ans. Les rendements moyens pondérés se sont établis à 7,87 % pour le bon à un an, 7,75 % pour l'obligation à trois ans et 7,89 % pour celle à cinq ans. Le rendement sur la maturité cinq ans est en légère baisse par rapport à la précédente adjudication comparable, qui avait affiché 8,24 %.

Un signal fort pour le marché régional

Au-delà du montant levé, c'est la structure des souscriptions qui retient l'attention des observateurs. Selon l'économiste Amath Ndiaye, « sur le BAT à 364 jours, 31,46 milliards de FCFA ont été proposés et 25,79 milliards retenus. Sur l'OAT à trois ans, les investisseurs ont proposé 47,37 milliards, dont 45,36 milliards ont été retenus. Enfin, les OAT à cinq ans ont recueilli 30,19 milliards de FCFA, pratiquement intégralement retenus ». Au total, près de 75 % des 101,34 milliards mobilisés l'ont été sur des maturités de trois et cinq ans.

« Le véritable changement apparaît dans la structure des souscriptions », analyse le professeur Ndiaye, pour qui « les investisseurs ne se contentent plus de prêter au Sénégal à très court terme : ils acceptent de nouveau de s'engager massivement à moyen terme ». Ce retour des maturités longues marque une évolution notable après plusieurs mois de tensions sur le marché régional.

Le plan de reprofilage de la dette en toile de fond

Cette adjudication intervient quelques jours seulement après l'annonce, le 8 septembre, par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, d'un plan de traitement et de reprofilage de la dette publique. Devant l'Assemblée nationale, le chef du gouvernement a indiqué que le Sénégal ne recherchait pas une restructuration classique de sa dette, mais un « reprofilage » destiné notamment à allonger certaines maturités et à renégocier des taux d'intérêt. « Le reprofilage implique l'extension des maturités et la renégociation des taux d'intérêt », a-t-il précisé, ajoutant qu'environ 30 conventions minières étaient actuellement en cours de renégociation.

Le gouvernement a également chiffré à 1 956 milliards de FCFA, soit environ 3,5 milliards de dollars, les arriérés de paiement à traiter, un stock qui pèse directement sur la trésorerie des entreprises et menace l'activité économique.

Élément déterminant pour la confiance des investisseurs régionaux : les autorités ont précisé que la dette libellée en francs CFA serait exclue du dispositif de traitement envisagé. « Les titres émis sur le marché régional ne sont donc pas directement intégrés au périmètre annoncé pour les discussions sur la dette extérieure ». Pour Amath Ndiaye, « le choix annoncé de maintenir, à ce stade, la dette libellée en FCFA hors du champ du PTDS constitue un signal important adressé aux banques et investisseurs de l'UMOA. Il réduit le risque immédiat d'une restructuration des titres détenus sur le marché régional et contribue ainsi à préserver le système financier de l'Union ».

Un contexte macroéconomique sous contrainte

Cette levée réussie ne masque pas les défis considérables qui attendent le Sénégal. Le pays a conclu le 1er septembre un accord technique avec le Fonds monétaire international portant sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, d'un montant d'environ 2,2 milliards de dollars, encore soumis à l'approbation du Conseil d'administration du FMI. La dette publique sénégalaisse atteignait environ 132 % du PIB fin 2024 selon le FMI, tandis que le gouvernement évoque désormais un niveau proche de 134 %.

Le Sénégal demeure néanmoins le deuxième plus gros émetteur de titres publics de l'UEMOA, avec un encours de 5 131,96 milliards de FCFA à fin juillet 2026, derrière la Côte d'Ivoire. Depuis le début de l'année 2026, le pays a mobilisé 2 075 milliards de FCFA sur le marché régional, se rapprochant de son objectif annuel de 2 500 milliards. Une nouvelle adjudication de 60 milliards de FCFA est programmée pour le 25 septembre.

Un premier test transformé

Pour les observateurs, cette adjudication du 11 septembre constitue un premier indicateur de la réaction du marché au tournant stratégique opéré par Dakar. « L'annonce du PTDS apporte une perspective de réduction des vulnérabilités de la dette. L'accord avec le FMI fournit un cadre macroéconomique plus crédible. Le choix de protéger la dette en FCFA rassure les détenteurs de titres régionaux », analyse Amath Ndiaye. L'économiste appelle toutefois à la prudence : « une seule adjudication ne suffit pas à établir une tendance durable ».

Le succès de cette levée témoigne néanmoins de la capacité du Sénégal à continuer de mobiliser l'épargne régionale pour couvrir ses besoins de financement, à un moment où le pays négocie simultanément avec ses créanciers internationaux et s'engage dans un programme d'assainissement de ses finances publiques. Pour le Trésor sénégalais, l'enjeu est désormais de confirmer cette dynamique lors des prochaines adjudications, alors que le besoin de financement pour l'exercice 2026 s'élève à plus de 6 000 milliards de FCFA.


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