validation du Plan national contre les VBG et crise dans la santé
Alors que le Sénégal valide un nouveau plan de lutte contre les violences basées sur le genre, le secteur sanitaire s’enfonce dans une crise sociale, avec une nouvelle grève des médecins et des révélations alarmantes sur la carte sanitaire.

Le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a procédé, vendredi 11 septembre, à la validation institutionnelle du deuxième Plan d’action national pour l’éradication des violences basées sur le genre (PAN VBG 2, 2027-2030). Ce document, qui couvre la période 2027-2030, doit servir de cadre de référence pour renforcer la prévention, la prise en charge des victimes et la coordination des interventions sur l’ensemble du territoire.
La validation de ce plan intervient dans un contexte préoccupant. Selon le rapport 2024 de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la prévalence des violences faites aux femmes est passée de 27 % à 31,9 %. Autrement dit, près d’une femme sur trois a déjà subi une forme de violence au Sénégal. Ces chiffres rappellent l’ampleur d’un phénomène qui touche toutes les couches sociales et qui nécessite une réponse institutionnelle forte, dotée de moyens à la hauteur des enjeux.
Au-delà de la validation du plan, la question de son application effective reste posée. Les associations de défense des droits des femmes plaident régulièrement pour un financement pérenne, une meilleure formation des acteurs de terrain et un renforcement des mécanismes de signalement et de protection. Le PAN VBG 2 devra donc démontrer sa capacité à produire des résultats concrets, alors que les attentes sont élevées.
La santé sous tension
Dans le même temps, le secteur de la santé traverse une nouvelle zone de turbulence. Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) a annoncé une grève de 48 heures les mercredi 16 et jeudi 17 septembre. Cette nouvelle mobilisation fait suite à un mouvement jugé « massif » les 8 et 9 septembre. Le syndicat dénonce le « silence coupable » de l’État et l’absence de véritables négociations pour répondre aux revendications des médecins.
Cette crise sociale s’ajoute à un diagnostic structurel déjà très dégradé. La révision de la carte sanitaire révèle que 23 départements sont dépourvus d’hôpital et que 80 % des communes n’ont pas de centre de santé. À cela s’ajoute un déficit de 49 % en ressources humaines qualifiées. Ces données mettent en lumière les difficultés d’accès aux soins pour une grande partie de la population, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.
Le manque d’infrastructures et de personnel qualifié a des conséquences directes : allongement des distances à parcourir pour se faire soigner, saturation des structures existantes, retards dans la prise en charge des urgences et inégalités territoriales persistantes. La grève des médecins, si elle se prolonge, risque d’aggraver une situation déjà critique.
Entre la lutte contre les violences basées sur le genre et la refondation du système sanitaire, deux chantiers majeurs interpellent l’État. Tous deux exigent des actes, des moyens et un dialogue social sincère. Faute de quoi, les plans et les annonces risquent de rester lettre morte face à des réalités sociales de plus en plus pressantes.




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