Dialogue économique : le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mouhamed Lô convie le patronat pour poser les bases du Conseil présidentiel de l’investissement

Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mouhamed Lô a convoqué les principales organisations patronales du pays ce jeudi 17 septembre 2026, à 10 heures, au Building administratif Président Mamadou Dia.
Cette rencontre de prise de contact vise à jeter les bases du futur Conseil présidentiel de l'investissement (CPI) et à instaurer un dialogue permanent entre l'État et le secteur privé, dans un contexte de fortes tensions de trésorerie.
La réunion se tiendra plus précisément dans la salle 1 du 10ᵉ étage du Building administratif, selon les services de la Primature. Elle s'inscrit dans le prolongement direct des instructions données par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors du Conseil des ministres du 10 septembre 2026.
Un contexte économique sous haute tension
Cette rencontre intervient dans un environnement financier particulièrement difficile. Le 1er septembre 2026, le Sénégal a conclu un accord technique avec le Fonds monétaire international (FMI), ouvrant la voie à un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Ce même mois a été lancé le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Les arriérés de paiement de l'État atteignaient 1 956 milliards de FCFA à fin mars 2025, répartis sur 5 425 dossiers, une situation qui pèse directement sur la trésorerie des entreprises et limite leurs capacités d'investissement.
Le Premier ministre avait déjà placé cette question au cœur de sa Déclaration de politique générale, prononcée le 8 septembre 2026 devant l'Assemblée nationale. Il y affirmait que le secteur privé était attendu comme l'un des principaux moteurs de la transformation économique du pays.
Les organisations patronales attendues autour de la table
Plusieurs organisations représentatives du patronat sénégalais sont conviées à cette réunion. Parmi elles figurent la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) et le Conseil national du patronat (CNP), qui avaient déjà été reçues respectivement le 17 juillet et le 3 septembre 2026 par le chef de l'État. Le CNP avait d'ailleurs remis un mémorandum au président de la République, exposant les préoccupations des employeurs et formulant des propositions pour améliorer les conditions d'exercice des entreprises.
Les échanges porteront sur les freins à l'activité économique, les difficultés concrètes rencontrées par les opérateurs et les solutions qu'ils proposent. Parmi les sujets attendus figurent l'apurement de la dette intérieure, l'appui aux entreprises en difficulté, l'amélioration de l'environnement des affaires, le contenu local, l'attractivité des territoires et l'industrialisation.
Cap sur le Conseil présidentiel de l'investissement
L'objectif affiché de cette rencontre dépasse la simple prise de contact. Il s'agit de structurer un cadre d'échanges régulier entre l'État et le secteur privé, appelé à se poursuivre dans le temps. Ce dispositif doit servir de socle aux travaux préparatoires du prochain Conseil présidentiel de l'investissement, dont la tenue a été demandée par le chef de l'État.
L'ensemble des organisations du secteur privé devra contribuer à définir les projets et les réformes à retenir dans le cadre de cette instance. L'Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) pourrait également faire le point sur l'avancement de ses travaux avec le secteur privé lors de cette réunion.
Cette démarche s'inscrit dans les orientations de la Vision Sénégal 2050 et du Masterplan Sénégal 2025-2034, qui accordent une place centrale au secteur privé dans la transformation structurelle de l'économie nationale. Une décision prise en Conseil des ministres le 26 novembre 2025 avait déjà enjoint au Premier ministre de replacer les acteurs du secteur privé national et les entreprises locales au cœur des programmes et projets publics.
Un dialogue à structurer durablement
La rencontre de ce jeudi 17 septembre marque ainsi une étape dans la volonté affichée de l'exécutif de renforcer la concertation avec les organisations représentatives du secteur privé. Elle doit permettre aux représentants du patronat de faire part de leurs préoccupations et de formuler des propositions en vue de soutenir l'investissement et l'activité des entreprises.
Pour le gouvernement, l'enjeu est double : répondre aux contraintes immédiates de trésorerie qui étranglent le tissu économique national, tout en posant les fondations d'un partenariat durable entre l'État et le secteur privé, dans la perspective de la tenue prochaine du Conseil présidentiel de l'investissement.




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