Diomaye Faye sort du silence : élections locales, rupture avec Sonko et « obsession électorale »
Dans un entretien exclusif accordé à RFI et France 24 jeudi 24 septembre 2026, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s'est exprimé sur les dossiers les plus brûlants de l'actualité sénégalaise.

Des élections locales à sa rupture avec Ousmane Sonko, le chef de l'État a multiplié les messages, suscitant une couverture médiatique dense au Sénégal.
Élections locales : « rien ne presse »
Interrogé sur le calendrier des élections territoriales, le président Faye a affiché une posture sereine, refusant de céder à ce qu'il qualifie d'« obsession électorale permanente » . « Je ne voudrais pas que nous soyons dans l'obsession électorale permanente alors que nous avons quelque chose qui doit aujourd'hui nous préoccuper fondamentalement », a-t-il déclaré .
Le chef de l'État s'est appuyé sur les décisions de la Cour suprême, saisie à plusieurs reprises par l'opposition et la société civile. Selon lui, la haute juridiction a estimé que « les élections locales peuvent être organisées jusqu'à la fin de l'année 2027 » . Il a également souligné que « rien ne [le] contraint à parler ou à fixer la date des élections en ce moment » .
Le président n'a toutefois pas exclu un report du scrutin. Mais il a posé une condition claire : « s'il devrait y avoir de report, ce serait dans le cadre d'un consensus » . Une position qui laisse planer l'incertitude sur le calendrier électoral, alors que les mandats des conseillers municipaux et départementaux expirent le 23 janvier 2027 .
Rupture avec Ousmane Sonko : « la seule chose que je suis susceptible de trahir, c'est mon serment »
Le président est également revenu sur sa rupture avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, survenue le 22 mai 2026 . Accusé de trahison par des proches de Sonko, il a répondu avec fermeté : « La seule chose que je suis susceptible de trahir, c'est mon serment que j'ai prêté le 2 avril 2024 devant le peuple sénégalais et devant Dieu » .
Le chef de l'État a expliqué cette décision par la dégradation de la confiance entre les deux hommes, sans entrer dans les détails des divergences qui les ont opposés . Une rupture qui a mis fin à un tandem qui avait porté l'opposition au pouvoir en mars 2024, et qui a profondément reconfiguré le paysage politique sénégalais .
Une presse sénégalaise en ébullition
La sortie médiatique du président a dominé les unes de la presse sénégalaise du vendredi 25 septembre 2026. Le journal EnQuête a titré « Diomaye sort du silence », mettant l'accent sur les principaux dossiers abordés par le chef de l'État . De son côté, Walf Quotidien a choisi une formule plus directe avec « Diomaye solde ses comptes », revenant sur ses déclarations relatives à Macky Sall, aux élections locales et à ses relations avec Ousmane Sonko .
Le journal L'AS a affiché « Diomaye se lâche », tandis que Vox POP a évoqué « Diomaye, la sortie sans… parapluie », soulignant le caractère particulièrement direct des réponses apportées par le chef de l'État .
Un message politique fort
À travers cette intervention, le président Faye envoie un signal clair : il entend fixer lui-même le tempo de son mandat, sans se laisser dicter l'agenda par l'opposition ou par les polémiques autour de son ancien allié. En invoquant l'urgence économique et les négociations avec le FMI comme priorités, il repositionne le débat sur le terrain de la gouvernance et des résultats, plutôt que sur celui des échéances électorales .
Cette sortie marque un tournant dans la communication présidentielle. Après des mois de silence relatif sur les questions politiques sensibles, Bassirou Diomaye Faye a choisi de s'exprimer sans détour, assumant ses choix et traçant sa ligne. Reste à savoir si cette posture suffira à apaiser les tensions avec ses anciens alliés et à rassurer une opinion publique en attente de réponses concrètes sur les défis du quotidien.




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