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Diphtérie : 248 cas confirmés et 11 décès au Sénégal, l'épidémie gagne 13 régionsDakar, le 9 octobre 2026 

9 oct.
4 min de lecture

L'épidémie de diphtérie continue de progresser au Sénégal. Selon le point de situation publié le 5 octobre 2026 par le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, 248 cas confirmés et 11 décès ont été enregistrés depuis le début de la flambée, qui remonte à la détection du premier cas le 1er août 2026.

Les cas sont répartis dans 51 districts sanitaires à travers 13 régions du pays, confirmant l'ampleur nationale de cette résurgence d'une maladie que l'on croyait oubliée.

Touba, un foyer sous surveillance

Dans la région de Diourbel, le district sanitaire de Touba comptait 29 cas jusqu'au 5 octobre 2026. L'hôpital Matlaboul Fawzeyni, où le premier cas de la région a été détecté le 30 août 2026, reste en première ligne de la riposte. Au service de pédiatrie, trois cas confirmés ont été enregistrés, touchant des enfants âgés de 6 à 14 ans.

Pour Moustapha Sy, chef du service de l'information hospitalière et point focal de la surveillance épidémiologique au CHN Matlaboul Fawzeyni, la situation s'explique en partie par un schéma vaccinal incomplet chez plusieurs enfants. « La vaccination contre la diphtérie est intégrée au Programme élargi de vaccination (Pev). Les enfants reçoivent trois doses au cours du processus ainsi qu'une dose de rappel », rappelle-t-il. Le Dr Pape Amar Kane, pédiatre, insiste sur l'importance de la vaccination, qu'il considère comme « le principal moyen de prévention contre la maladie ».

La riposte à Touba repose sur trois leviers majeurs : la prise en charge des malades, le suivi des cas contacts et le renforcement de la vaccination pour limiter la propagation.

Thiès : 18 cas depuis le 21 août, zéro décès

Dans la région de Thiès, 18 cas confirmés ont été enregistrés depuis le 21 août 2026, date à laquelle les deux premiers cas ont été déclarés, selon l'adjoint au gouverneur chargé du développement, Ababacar Sadikh Niang. Aucun décès n'a été signalé dans cette région.

La tranche d'âge la plus touchée est celle des 5 à 14 ans, et 60 % des cas concernent des femmes. Les autorités sanitaires ont identifié plusieurs défis, notamment le « faible taux de complétude vaccinale ».

« Le défi le plus important » reste la rentrée des classes de l'année scolaire 2026-2027, prévue le 7 octobre. M. Niang a insisté sur la nécessité de « renforcer la communication et la sensibilisation » auprès des élèves, une « couche très sensible », afin qu'ils prennent « toutes les dispositions nécessaires avant de regagner les classes ».

La direction régionale de la Santé, en collaboration avec tous les services compétents, travaille à « assurer une surveillance active de la situation ». Les recommandations portent sur « l'intensification de la vaccination, surtout pour les enfants insuffisamment vaccinés », et sur le renforcement de la campagne de communication avec une « approche communautaire ».

Une progression rapide depuis août

L'épidémie a connu une progression fulgurante. Le 4 septembre 2026, le ministère faisait état de 34 cas confirmés et six décès dans huit districts sanitaires répartis dans six régions, avec Kédougou comme principal foyer (23 cas). Le 8 septembre, le bilan grimpait à 57 cas confirmés et huit décès, la région de Kédougou concentrant toujours le plus grand nombre de cas avec 27 cas.

Au 5 octobre, le cap des 248 cas et 11 décès était franchi, avec une extension à 13 régions. Cette évolution rapide traduit une circulation active de la bactérie sur l'ensemble du territoire.

Le dispositif de riposte renforcé

Face à cette situation, le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique a renforcé les mesures de riposte en collaboration avec les autorités administratives et territoriales ainsi que les partenaires. Ces actions portent notamment sur :

  • La prise en charge des personnes atteintes

  • L'investigation systématique autour des cas et l'identification des personnes contacts

  • Le renforcement de la surveillance épidémiologique

  • Des opérations de vaccination de rattrapage destinées aux enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés

Appel à la vaccination et à la vigilance

Le ministère appelle les parents à veiller au respect du calendrier vaccinal du Programme élargi de vaccination (PEV) et à vérifier le statut vaccinal de leurs enfants afin de compléter, si nécessaire, les doses manquantes. Le schéma standard de primovaccination contre la diphtérie est intégré au vaccin « hexavalent », administré gratuitement aux nourrissons à 6, 10 et 14 semaines, avec une dose de rappel à partir de 15 mois.

Les autorités sanitaires exhortent également les populations à consulter rapidement la structure de santé la plus proche dès l'apparition de signes évocateurs – mal de gorge, fièvre, difficultés à avaler, enrouement, gonflement du cou, membranes grisâtres dans la gorge – et déconseillent toute automédication.

À l'approche de la saison froide et alors que l'école a repris, la prudence reste de mise. La diphtérie, bien que contagieuse, est évitable grâce à la vaccination, rappellent les autorités. Pour les 248 malades et les familles des 11 personnes décédées, l'enjeu dépasse les statistiques : il engage la capacité du système de santé sénégalais à contenir une épidémie qui ne cesse de gagner du terrain.


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