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Sangomar : 17,9 millions de barils au premier semestre, le Sénégal en route vers un record annuel

9 oct.
3 min de lecture

Dakar, le 9 octobre 2026 – Le champ pétrolier offshore de Sangomar poursuit sa montée en puissance.

Selon les données officielles du ministère de l'Énergie et du Pétrole, le gisement opéré par l'australien Woodside Energy a produit 17,9 millions de barils au cours du premier semestre 2026, plaçant le Sénégal sur la trajectoire de son objectif annuel révisé à la hausse de 31,6 millions de barils.

La production mensuelle s'est maintenue dans une fourchette étroite, oscillant entre 2,8 et 3,1 millions de barils de janvier à juin, un niveau légèrement inférieur à la moyenne de 3 millions de barils par mois enregistrée l'année précédente. Cette performance régulière confirme la fiabilité opérationnelle du champ, qui avait atteint sa capacité nominale de 100 000 barils par jour en seulement neuf semaines après son démarrage en 2024.

Une phase 2 en évaluation

Fort de ces résultats, l'opérateur Woodside Energy évalue actuellement une phase 2 d'expansion du champ, ciblant 250 millions de barils supplémentaires de ressources récupérables. Cette évaluation fait suite aux fortes performances du réservoir dans les unités inférieures du S500. Le gouvernement sénégalais a d'ailleurs revu à la hausse ses prévisions de production pour 2026, les faisant passer de 28,1 à 31,6 millions de barils.

Le ministre Diouf en mission de séduction au Cap

Ces performances seront au cœur de l'offensive diplomatique et commerciale que s'apprête à mener le Sénégal. Le ministre de l'Énergie et du Pétrole, le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, conduira une délégation de haut niveau à l'African Energy Week (AEW) 2026, qui se tiendra au Cap, en Afrique du Sud, du 12 au 16 octobre. Il sera accompagné d'Aminata Ba, conseillère principale en charge du pétrole et du gaz à la Présidence.

Le ministère a obtenu un partenariat de niveau Platine pour cet événement, offrant à la délégation sénégalaise un accès privilégié aux décideurs, investisseurs et financiers du continent.

109 blocs à céder aux investisseurs

L'objectif affiché est clair : séduire les investisseurs internationaux. Le Sénégal propose 109 blocs pétroliers et gaziers non contractés, issus d'une restructuration complète de sa carte d'exploration. Le territoire a été redécoupé en 113 blocs onshore et offshore, dont seulement quatre sont actuellement sous contrat.

Le géant italien Eni a déjà pris une longueur d'avance en signant un accord pour évaluer cinq blocs offshore. Les 104 blocs restants sont positionnés pour attirer des investissements internationaux et de futures activités d'octroi de licences.

Pour le ministre Diouf, cette stratégie vise à faire émerger des champions nationaux. « Le plan du président, c'est de créer des leaders locaux dans les secteurs de l'énergie, du pétrole et du gaz », a-t-il déclaré, soulignant que le potentiel du bassin sédimentaire sénégalais reste largement sous-exploité.

Un contexte d'expansion globale

Au-delà du pétrole, le Sénégal accélère sur le gaz. Le projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA), opéré par BP, a atteint sa capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an en 2025, exportant 18 cargaisons de GNL lors de sa première année. Les opérateurs s'attendent à doubler les exportations en 2026.

L'État sénégalais, via sa compagnie nationale Petrosen, a par ailleurs pris le contrôle total du champ gazier offshore de Yakaar-Teranga en avril 2026. Avec des réserves récupérables estimées à 25 000 milliards de pieds cubes, ce projet représente un plan de développement de 7,5 milliards de dollars. Sa phase 1, estimée à 2,5 milliards de dollars, doit produire environ 300 millions de pieds cubes de gaz par jour pour le marché intérieur.

Le ministère prépare également un réseau de gazoducs de 340 kilomètres destiné à relier les ressources gazières nationales aux centrales électriques, afin de réduire les coûts de production d'électricité. Une seconde raffinerie, portée par African Refining Company et Yamata, est en projet avec une capacité de traitement de 4 millions de tonnes par an.

« Une phase décisive »

Pour NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l'énergie, la participation sénégalaise à l'AEW 2026 intervient à un moment charnière. « Le Sénégal est entré dans une phase décisive, car la nouvelle production, les opportunités foncières et l'infrastructure gazière nationale redessinent le paysage de ses investissements énergétiques », a-t-il déclaré. Et d'ajouter que le ministre Diouf et Aminata Ba offriront aux investisseurs « un aperçu direct des projets en cours, des possibilités d'octroi de licences et de la stratégie du pays pour convertir les ressources en hydrocarbures en une valeur économique et industrielle plus large ».

Avec une production pétrolière en pleine croissance, 109 blocs sur le marché et une stratégie gazière ambitieuse, le Sénégal joue au Cap une partie décisive pour transformer son potentiel énergétique en levier durable de développement. La délégation sénégalaise a cinq jours pour convaincre.


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