Senelec : fin des délestages après une semaine de crise
La Société nationale d'électricité du Sénégal a annoncé jeudi la fin des coupures qui ont affecté le pays pendant près d'une semaine. Quatre cents mégawatts ont été récupérés et aucun délestage n'a été enregistré depuis mercredi soir, ont indiqué les autorités.

C'est un retour à la normale que les Sénégalais attendaient avec impatience. Après près d'une semaine de coupures d'électricité qui ont éprouvé ménages et entreprises, la Senelec a annoncé, jeudi 25 septembre 2026, la fin des perturbations sur l'ensemble du réseau. Arona Baldé, directeur de l'exploitation du système et des achats de la société nationale, a confirmé la nouvelle : « Depuis hier, à 22 h 56, nous n'avons pas procédé à un délestage de nos clients. Donc les indisponibilités majeures qu'on a enregistrées depuis le 19 septembre ont été levées ».
Une perte de 400 mégawatts
La crise avait pour origine la panne simultanée de deux installations majeures du parc de production. La défaillance du FSRU, l'unité flottante de stockage et de regazéification qui alimente en gaz les centrales, et l'indisponibilité d'une turbine de la centrale West African Energy au Cap des Biches avaient privé le réseau de plus de 400 mégawatts. Cette perte considérable avait contraint la Senelec à organiser des coupures tournantes pour soulager le réseau.
Le FSRU, affecté par une panne sur sa pompe surpresseur, a été remis en service mardi 22 septembre, après l'arrivée et l'installation d'une pompe de remplacement à Dakar. La turbine de West African Energy, dont la maintenance avait été compliquée par la détérioration de l'équipement de diagnostic, a repris du service le lendemain, mercredi.
« Nous avons pu reprendre toute la charge »
Avec ces deux équipements à nouveau opérationnels, la Senelec a pu rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. « Nous avons pu reprendre toute la charge et satisfaire les besoins auprès de nos clients », a assuré Arona Baldé. La situation est d'autant plus notable que la demande d'électricité avait atteint des niveaux record. Le pic de consommation a atteint 1 400 mégawatts en août 2026, bien au-dessus des 1 300 mégawatts prévus par la Senelec pour le mois d'octobre. Cette hausse, de l'ordre de 21 % en deux ans, s'explique par la croissance démographique, l'urbanisation et les températures élevées qui poussent à la surconsommation de climatiseurs et de ventilateurs.
Fuel cher et tensions de trésorerie
Au-delà des pannes techniques, la crise a été aggravée par des contraintes structurelles. La Senelec reste largement dépendante du fuel pour sa production, et le prix du pétrole est passé de 60 à 100 dollars le baril ces derniers mois, alourdissant considérablement ses charges. À ces difficultés s'ajoutent des tensions de trésorerie persistantes : la dette cumulée de l'État envers la Senelec représente environ un tiers de son chiffre d'affaires, selon plusieurs sources.
Vers une sécurisation durable ?
Si les pannes ont été résolues, Arona Baldé a tenu à rester prudent. Il a rappelé que la crise résultait d'une conjonction de facteurs et que d'autres paramètres restaient à régler pour garantir une fourniture stable sur le long terme. « Les dispositions sont en train d'être prises pour que ces problèmes, ces facteurs puissent être derrière nous », a-t-il expliqué, jugeant la dynamique « rassurante ». L'objectif affiché est clair : sécuriser durablement l'approvisionnement en électricité du pays. Un défi de taille, alors que la demande continue de croître et que les contraintes financières pèsent sur les capacités d'investissement de la société nationale.
La fin des délestages offre un répit bienvenu aux Sénégalais. Mais elle rappelle aussi l'urgence de réformes structurelles pour sortir d'une dépendance coûteuse au fuel et moderniser un réseau confronté à une demande en pleine explosion.



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