Justice : le lutteur Reug Reug cité dans une affaire de faux billets, un réseau de faux documents administratifs devant le tribunal
Le célèbre lutteur sénégalais Oumar Kane, alias « Reug Reug », a été arrêté par la Brigade de recherches de Faidherbe dans le cadre d'une affaire présumée de trafic de faux billets de banque.

Le même jour, le tribunal de grande instance de Dakar a ouvert le procès d'un réseau présumé de faux documents administratifs, avec cinq prévenus poursuivis pour association de malfaiteurs et corruption.
La justice sénégalaise a été particulièrement sollicitée ce vendredi 25 septembre 2026, avec deux affaires retentissantes qui ont mobilisé l'attention de l'opinion publique et de la presse nationale. D'un côté, une sombre histoire de faux billets impliquant une figure emblématique de la lutte sénégalaise. De l'autre, l'ouverture d'un procès très attendu contre un réseau structuré de falsificateurs de documents administratifs.
Reug Reug, piégé par des gendarmes infiltrés
Le champion de lutte et de MMA Oumar Kane, plus connu sous le surnom de « Reug Reug », a été interpellé par la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, à Dakar, dans le cadre d'une enquête portant sur un trafic présumé de fausse monnaie. Selon les informations révélées par plusieurs médias sénégalais, le lutteur de 34 ans a été arrêté en flagrant délit, alors qu'il se trouvait en possession de plusieurs lots de « billets noirs » en coupures de 100 dollars .
Le scénario de l'arrestation, rapporté par le quotidien Libération, révèle une opération minutieusement préparée. Les gendarmes de la BR de Faidherbe ont filé le lutteur avant de l'arrêter en flagrant délit, avec des billets noirs dans sa voiture. Quatre autres suspects ont également été interpellés au cours de l'opération. Les enquêteurs ont découvert des caisses remplies de billets noirs, ainsi que des billets de 100 dollars et d'autres présentés comme des faux .
Selon les premiers éléments de l'enquête, Reug Reug aurait été piégé par des gendarmes infiltrés qu'il pensait être de simples « laveurs » de billets noirs. Le lutteur aurait envoyé son frère pour procéder au « lavage » des billets avant de se présenter lui-même devant les gendarmes infiltrés. Les investigations ont également révélé que le champion s'adonnait à ce « business » depuis plusieurs mois .
Face aux enquêteurs, Oumar Kane aurait fini par livrer des déclarations surprenantes sur les motivations de son implication. « Je voulais seulement multiplier cet argent rapidement pour financer mes prochains combats et régler des dettes personnelles pressantes. Je ne mesurais pas l'ampleur du réseau et la gravité de commettre un tel acte », aurait-il déclaré .
Le lutteur a été placé en garde à vue et poursuivi pour association de malfaiteurs, trafic de faux billets et tentative de corruption. Selon Libération, il aurait tenté de soudoyer les gendarmes au moment où ces derniers refermaient leur étau sur lui, afin d'échapper à la procédure .
Un réseau de faux documents administratifs devant le tribunal
Parallèlement à cette affaire, le tribunal de grande instance de Dakar a ouvert ce vendredi le procès d'un réseau présumé de faux documents administratifs. Cinq prévenus comparaissent pour des faits d'association de malfaiteurs et de corruption.
L'affaire fait suite à une série d'opérations menées ces derniers mois par les forces de sécurité sénégalaises contre des réseaux spécialisés dans la falsification de documents officiels. En mai 2026, la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar avait démantelé un réseau impliqué dans le trafic de migrants et la production de faux documents administratifs destinés à faciliter l'entrée irrégulière d'étrangers au Sénégal. Un ressortissant sénégalais, présenté comme le principal relais local du réseau, avait été déféré au parquet pour trafic de migrants, faux et usage de faux ainsi que complicité .
Quelques jours plus tôt, le Commissariat d'arrondissement de Grand Yoff avait mis fin aux activités d'un réseau criminel sophistiqué spécialisé dans la falsification de documents administratifs et fiscaux, opérant entre la Rue 06 de la Médina et Grand Yoff. Les mis en cause fabriquaient notamment de faux cachets de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) afin d'établir de faux quitus fiscaux, permettant à certaines entreprises d'obtenir des décaissements bancaires ou de participer à des procédures administratives en présentant de fausses garanties de régularité. Les enquêteurs avaient découvert un véritable atelier de contrefaçon comprenant 15 cachets humides, quatre dateurs, plus de 160 attestations de régularité fiscale et du matériel informatique composé de deux unités centrales et trois imprimantes grand format .
Une justice qui frappe fort
Ces deux affaires illustrent la détermination des autorités sénégalaises à lutter contre la criminalité économique et financière sous toutes ses formes. Qu'il s'agisse de faux billets ou de faux documents administratifs, les réseaux de falsification font l'objet d'une vigilance accrue de la part des forces de l'ordre et de la justice.
Pour Reug Reug, cette affaire constitue un coup dur alors qu'il devait affronter le lutteur Franc au début de l'année 2027 pour l'une des affiches les plus attendues de la saison, un combat monté par le promoteur Mansour Ba de la structure Jambaar Productions . L'issue de la procédure judiciaire pourrait avoir des répercussions importantes sur la suite de sa carrière.
Le procès des cinq prévenus poursuivis pour faux documents administratifs et corruption se poursuivra dans les prochains jours devant le tribunal de grande instance de Dakar. Les débats permettront de déterminer le rôle exact de chacun des mis en cause et l'ampleur des ramifications de ce réseau qui, selon les enquêteurs, opérait depuis plusieurs mois au détriment de l'État et des citoyens.




Commentaires